LIVRE ly CHAPITRE ILI, r
implicite D'autres n'appliquent leur esprit qu'à un petit nombre de choses dont ils acquièrent une assez grande connaissance ; mais ils i^orent toutes les autres , pour ne s'être jamais attachés à d'autres recherches. Ainsi , rien n'est plus certain que cette vérité : Les trois angles d'un trian^ gle sont égaux à deux droits. Elle est ^ non-seulement, très-certaine , mais même plus évidente , à mop avis , que plusieurs de ces propositions quou regarde comme de& principes. Cependant,, il y a des millions d'bdmrites qui, quoique habiles en d'autres choses , ignorent entièrement celle4à,. parce qu'ils n'.y ont jamais appliqué leur esprit. D'ailleurs , celui qui connaît très-certainement cette proposition , peut néanmoins ignorer entièrement la vérité de plusieurs autres pro-positions dé mathématique , qui sont aussi claires et aussi évidentes que celle-là, parce qu'il n'est' pas allé plus loin dans ce genre de recherches.. La même chose peut arriver à l'égard des idées^ que nous avons de Dieu : car , quoiqu'il n'y ait point de vérité «que l'homme pui^e connaître plus évidemment par^ lui-même que l'existence de Dieu, cependant, quiconque regardera les choses de ce monde , selon qu'elles servent àses plaisirs et au contentement de ses passions, sans se mettre autrement en peine d'en rechercher les causes, les diverses fins, et l'admirable
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disposition , pour s'attacher avec soin à en tirer les conséquences qui en naissent naturellement, un tel homme peut vivref long-^temps sans avoir aucune idée de Dieu. Et s'il s'en trouve d'autres qui viennent à mettre cette idée dans leur tète pour en av<»r ouï parler en: conversation, p^utêtre croiront-ils l'existence d'un tel Être: mais, s'ils n'en ont jamais examiné lés fondements, la eohnaissance qu'ils. en aiu*ont ne sera pas plus parfaite que celle qu'une personne peut avoir de cette vérité , Les trois angles d*un triangle sont égaux à deux droits y s'il la reçoit sur la foi d'autrui, par la seule. raison qu'il en a ouï parler comme d'une v^té certaine , sans en avoir jamais examiné lui-même la démonstration.. Auquel cas ils peuvent regarder l'existence de Dieu comme une opinion probable; mais ils n'en voient pas la vérité, quoiqu'ils aient des facultés papabks de leur en donner ime connaissance claire et évidente, s'ils les ehiployaient soigneusement à cette recherche. Ce qui soit dil en passant^ pour montxet combieri nos, confiaissanees dépendent du bon usage des jSzcultés que la nature nous a données ^ et combien peu elles dépendent de ces principes , qu'on suppose sans taison avoir été imprimés dans l'ame dé tous les hommes pour étre^ la règle de leur conduite : principes que tous les hommes connai-