LIVRE II, CHAPITAE î.' iBl
OHisidérés comme des objets de^la réSexion qu die fait sur 4es idées qui faû sont venues par les sens. Quelque ^and amas de connaissance»
qu'il y découvre, il verra, je m'assure, après y avoir bien pensé , qu'z7 n*a d€uares idèês dans f esprit^ qim celles qui j ont été produites par ces deux voies; quoique peut-être combiofées et étendues par Fent^dement av^ç une vaviété infinie , comme nous le verrons daiM la siÂV»:^'
Ce qû*on peut absenter dans les enfants. .
QÛQonque considérera avec^attention l'état 4)à se trotve un en&nt dès qu'il vient au monde, n'aura pas grand sujet de ^e fi^rer qu^ ait dans l'esprit ce grand nombre d'idées qui so»t la matière des conaai&saaA^es qujil a dans la suite. C'est par degrés qu'il aoqiiie>t> toutM ces idées : jet , quoique celles des quittés qui sont le plus exposées à sa vue et qui loi sont le plus £unilières s'impriment dans $on esprit avAtit^que la mémoire commence detenûr registre du temps et de l'ordre des choses, il airive néanmoins assez souvent que certaines qualités peu communes se présentent si tard à l'esprit, qu'il y a peu de. gens qui ne puissent rappeler le souvenir du temps auquel ils ont commencé à les
i8a DE l'entendement humain.
connsutre : et , si Cela en valait la peine , il est certain qu'un en&nt pourrait être conduit de telle 'Sorte qu'il aurait fort peu dHdées, même des plus comixiunes, avant que d'être homme fait. Mais tous ceux qui viennent dans ce monde, étant d'abord environnés de corps qui frappent leurs sens continuellement et en différentes manières , une grande diversité d'idées se* trouvent gravées dans l'ame des enfanta, soit qu'on prenne soin de leur en donner la connaissance , ou non. La lumière et les couleurs sont toujours en état de faire impression par-tout où l'œil est ouvert pour leur donner entrée. Les sons, et certaines qualités qui concernent l'attouchement , ne manquent pas non plus d'agir sur les sens qui leur sont propres, et de s'ouvrir xin passage dans l'ame. Je crois pourtant qu'on m'accordera sans peine que , si un enfant était retenu dans un lieu où il ne vît que du blanc et du noir, jusqu'à ce qu'il devînt homme fait, il n'aurait pas plus d'idée de l'écarlate ou du vert, que celui qui ^ dès son enfance , n'a jamais goûté ni ananas, ni huître, n'en a du ^oùt particulier de ces deux choses.
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LI^ÏIE rr,t CSAPiTEB I. ' Jê3
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ie^ hommes reçoivent pkés'èii m^ri^ de dâi Idées , selon que différents objets se présentent à eux.
Par conséquent , les hommes reçoivent de dehors plus ou moins d'idées simples , selon que les objets qui se présentent à eux leur en fournissent une diversité plus ou moins grande, comme ils en reçoivent àwsi. des opérations inbéiieures de leur esprit, selon ^qu^ils. y rëflécbâssent .plus ou^ moins. Car , quoique celui ^ qui * examine 1^ opérations de son esprit ne «puisse qu'en aroar des idées claires et distind:es, il est. pout»tanfc certain que, s'il ne tourne) pas ses pensées^ dk ce côté-là, pour faire une attention particulière sur ce qui se passe dans ^son^ame ,• il sera aus&i éloigné d'avoir des idées distinctes? de toutQsdës opérations de scm esprit /que-celui quft^réteiK* drait avoir toutes les • idées < particulières qi^'on peut avoir d'un certain pa}!sage;.ou des:paitties et des divers mouvemeîit's dHrne horloge , sa»s avoir jamais jeté les yeux sur ce paysage > ou sur cette horloge, pour en considérer exactement toutes les parties. L'horloge ou le tableau pieuvent être placés d'une telle manière, • quoiqu'ils se rencontrent tous les jours sur son chemin ,
t84 ^£ x'BLMTXVDSMEIffT i];U/»IAIIf.
qu'il n'aura que des idées fort confuses de toutes leva^ parties, jusqu'à £e' qu'il se soif appliqué aveçatten9iop;^J^S(^p(U]iM4^er.^c^^ en pas^ l?(H4i^r- / s. ,\
Les Idées ''tard da\ tention pour les découvrir.
:^ ^Bt^'d^ Ub aDBs voyons ]iouvl|[am il se passe imii; Utt* tsiape r imoitr >cpi6 » la yiu^rt ^tes enfmts ^69it des idées ides ';o(iér9iaiu^ de. tenir propre es* ^t^ ict'^poiinpioi «dertaiiies personnes n'en con*naissent np fiwt . idaia»nienir ni * ésrt parfaitement lo^lda^cgrtaadéi pâDn&e^'^èndtottimt le coiars de lëur'itet>i{iadMism| <te>'«tfli est (}ùe ,. qupiqae ces opëtcGlJkmci 9CMÉit>ètmtîimedleilieM)ex(ntée8 dans i'<fliiiev'eHetia'yiparaiasetitque<ioiiime des visioris âbttdntésvietffify^^dtit pas d'assez- 'fortes ioqires- -siotaj^mr »en; Isôss^rdaivs ï^at»^ des idées «laire&, (fistpKflses M )daBi^ksv>ju9«{u<à oe qne l'enften- -dénseptoiâenBç iàf«qr« iiepUefev^ jpour aîn dire, ^«ur so^^iiisnieydtdéfiébfaîir sur > ses propres opié-
rati^s^^/eti à'> en^f faine 'r<dlj€li*4^'^^ propres icxmtelofdatioùliliues) on£Baat« ise/i^ooli piâs phis tàk|aMm'jkbttdrf ^iiquJj^&i'Bef tt^onan^nt ] environnés "^tipcraipgjsjtèiiiéei dbb^es.^nèuafseUéS), xftn, par nwnprkssîon contènueUe i4|u'elks éont wr leurs
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9e^r <s'atttneAt Tatlentîoii de ces petites créa* tw?0 9 <}u^ leur ]>eocha»t porte à comDaître tout m flti Jkuir.i^it ii0«veW/9 et à pneodre du plaisir à k dîv^ltté dm objfita qui les frappent en tant de dilfiérentes maïkièrcs» ÂtMi^ les mi£ints empAo«e|^t*ordin;ik*ei»eiit teurs premières années à ^¥0i[^fet à obswvw oe qui *se passe aa-dehors ; dç aorte «que^ continuant à s'attacher constam* foent à tout ce qm £rappe les sens , ils font rarement auoooe sérieuse réâéxion sur ce qui se passe au-dedans d'eux-mêmes , jusqu'à ce qu'ils soient parvenus à un âge plus avancé ; et il s'en trouve qui , devenus hommes , n'y pepsent presque jamais.
Uame commence cT avoir les Idées y lorsqu'elle
commence ^apercevoir.
Du reste , demander ^sn ftœl temps f homme cofraaence d'atroin quelques idées , c'est demander en quel temps; il commeniee^ d'apercevoir; car, B'wnr des idées et airoir des perceptions, c'est une seule et même <diose. Je^ sais bien que oostains philosophes (a) assurent ^4u# Famé pense toujaung; qu'elle a coostamment en elleméme une perception aetuelle de certaines
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{a) Le» Cartésiens.
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idées, aussi long -temps qu'elle existe; et que la pensée actuelle est aussi inséparable de l'ame, que l'extension actuelle est inséparable du corps; de sorte que, si cette opinion est Téritd:ble/re- <;kercher en quel temps un homme commence d'avoir des idées, c'est la même. chose ^cyie de rechercher quand son ame a commencé'^^'eï^ister. Car, à ce compte, l'amè et ses idées com* mencent à exister dans lé même temps , tout de même que le cdrpis et son* 'étendue.
S lO.
L'ame ne pense pds toujours , parce qu'on
' ne saurait le prouver.
Mais*, soit qu'on suppose (^e l'ame existe avant, après, ou dans le même temps que le corps commence d'être grossièrement organisé ou d'avoir les principes de la vie (ce que je laisse discuter à ceux qui ont mieux médité sur cette matière^ que moi), quelque 'supposition , dis-je, qu'on fasse à cet égard, j'avoue qu'il m'est tombé. en partage une de ces. âmes pesantes, qui ne se ientéht pas toujours odeupées de quelque •idée, et qui ne sauraient concevoir qu'il soit plus : nécessaire k- l'ame de penser toujours , qu'au corps d'être toujours en mouvement; la perception des idées étant à l'ame, comme je