‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 76 sur 141 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

ceux qui disent , que l'ame a en elie-méme des pensées dont l'homme n'a aucun sentiment, séparent l'ame d'avec l'homme, et divisent l'homme même en deux personnes distinctes : car je suppose qu'on ne s'avisera pas de faire consister l'identité des personnes dans l'union de l'ame avec certaines particules de matière qui soient les mêmes en nombre, parce que si cela était nécessaire pour constituer l'identité de la per-. sonne , il serait impossible , dans ce flux perpétuel où Qont lès particules de notre corps, qu'aucun homme pût être la même personne, deux jours ou même deux nkHn^ts de suite.

Il est impossïMe de cowaincre ceux qui dôîfneht sans faire aucun songe\ qù^ ils pensent pendant leur sommeils

Ainsi le moindre assoupissement où nous jette le sommeil^ suffit , ce me semble, pour renverser la doctrine de ceux qui soutiennent que l'ame pense toujours. Du moins ceux à qui il arriver de dormir sans faire . aucun songe , ne peuvent jam^dâ être co»vatncti9-que leurs pensées soient en action , quelquefois pendant quatre heures , sans qu'ils en sachent rien ; et si on les éveille au milieu de cette cqntemplatioa dor-

Ï96 DE l'entendement HUMAIN.

mante, el qu'on les pt^etitie, pour aitiiH dire , sur ie fâit^ il ne leyr <èst pdi& possible de rendre ^ compte de ces prétendues cotitempleilîoïis.

C* est en vain qu'on oppose que les hommes font des songes dont ils ne se ressouviennent point.

On dira peut-être ({ue , dati^ te plus profond sommeil , Pâme a des peïisées que ia mérsuawe ttié retient poitit< Mais il parait bi^^n makisé de. concevoir <qtie, dans ce moment ^ l'ame pense dans un b^mme endornii, et ie moment sutvatit dans un homme éveillé , sans qu'elle se ressouvienne, ni qu'elle soit capable de rappeler la mémoire de la moindre circoostaoce de toutes jeç pensées qu'elle vient d'avoir en dormant (33).

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(33) « Quelque chose de semblable s'observe tous les jours, i^ mêtoe ]f>ëûdaflt qu'on Veîïle ) axt il y â toujours des objets .^ tfaï (t&ppent n^ jê»3L et nos oreilles, et par toiagéqueM; <( l'Ame est «st touehée aussi^ sans que iipu6 y praMOBs « garde , parce que notre attention est bandée à d'autres « objets, jusqu'à ce que l'objet devienne assez fort pourTat- «4ircr i «oi, 'éh tédoubltfnt sdn actîmi, tîtt pàfr qtfef<ï<ie « xHitre (paison. G'étmi oonune «n cîonmfet»il particulier A i'é^ (igard de cet objet-là; et ce sommeil devient général, lors- « que notre attention cesse, à fégard de tous les objets en— «sem'ble. C'est aussi un moyen de* s'éhdofîhit, que de ^ tpsrtaiger ratteutioi» ponir <i*afÊsiiblir. » •

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