LIVRE II, CHAPITRE I
Si donc on demande : Quand c'est que Vhomme commence d'avoir des idées y je crois que la véritable réponse qu'on puisse faire , c'est de dire , Dès qu'il a quelque sensation (4o). Car puisqu'il ne paraît aucune idée dans l'ame , avant que les sens y en aient introduit , je conçois que l'entendement commence à recevoir des idées , justement dans le temps qu'il vient à recevoir des sensations; et par - conséquent que les idées commencent d'y être produites dans le même temps que la sensation, qui est une impression, ou un mouvement excité dans quelque partie du corps , qui produit quelque perception dans l'entendement. C'est sur ces impressions, faites par les objets extérieurs sur nos sens, que l'esprit semble d'abord s'exercer lui-même dans les opérations que nous appelons perception, souvenir, considération, raisonnement, etc.
(40) « Je suis du même sentiment , q^ais c^est par un « principe nn peu particulier ; car je crois que nous ne « sommes jamais sans pensées , et aussi jamais sans sensaft tions. Je distingue seulement entre sensations et pensées ; « car nous avons toujours toutes les idées pures et distinctes «(indépendamment des sens; n^ais les pensées répondent a toirjours à quelque sensation. »
2l8 DE l'entendement HUMAIN.
Quelle est F origine de toutes nos Connaissances,
Avec le temps, Tesprit vient à réfléchir sur ses propres opérations au sujet des idées acquises par seni^atioD, et, par ce moyen , il amasse une nouvelle provision d'idée^, que j'appelle idées de réflexiqn. Celles-ci sont les impressions qui sont faites sur ïios sens par les objets du dehors, et qui sont externes à l'esprit, et ses propres opérations résultant de pouvoirs internes qui îui appartiennent exclusivement; lesquelles, quand il y a réfléchi par lui-même , devenant aussi les objets de sa contemplation, sont, comme je Tài dit, la source dé toute connaissance. Ainsi la première capacité de l'entendemetit humain consiste en ce que Famé est propre à recevoir les impres^ons qui se font en elle , ou par les objets extérieurs à la faveur des senç , ou par lies propres opérations lorsqu'elle réfléchit sur ces opéïatidns. Cest là le premier pas que l'homme ^it vers la découverte des choses, quelles qu'elles soient. C'e^t sur ce fondement que spnt étal^Uen ^xaifies les notions qu'il aura jamsds natareH^nenft «dans ce monde. Toutes ces pensées subKmes qui s'élèvept au-dessus des nues et pénétrent jusque dans les cieux, tirent de là leur origme ; at dans toute