LIVRE II, CHAPITRE I
cette grande étendue que Tame parcourt par ses vastes spéculations , qui semblent - l'élever si haut, elle ne passe point au -«delà des idées que la séïisafidti o«i la réfle&ion ^lui présentent pour être lès ofejetis de ses contémplattiofts.
L'Entendement est, pour Pordinaire, passif dans la réception des Idées simples.
L'esprit est, à cet égard, purement passif (4î); et il n'est pas en son pouvoir d'avoir ou de n'avoir pas ces rudiments, et, pour ainsi dire, ces matériaux de connaissances. Car les idées particulières des objets des sens s'introduisent dans notre ame, soit que nous voulions ou que nous, ne voulions pas; et les opérations de notre entendement nous laissent pour le moins quelque notion obscure d'elles-mêmes, personne ne pouvant ignorer absolument ce qu'il fait lorsqu'il pense. Lorsque ces idées simples se présentent à l'esprit, Fentendement n'a pas
(41) « Comment se peut-il qu'il soit passif seulement à Yé- « gard de la perception de toutes les idées simples , puisât que, de l'aveu de l'auteur , il y a des idées simples dont la « perception vient de la réflexion , et qu'au moins l'esprit se « donne lui-même les pensées de réflexion ? Car c'est lui qui « réfléchit, m
2aO DE L ENTENBBMEITT HUMAIN.
la puissance de les refuser, ou de les altérer quand elles ont fait leur impression , de les effacer, oji d'en produire de, nouvelles en luimême, pas plus qu'un miroir ne peut refuser, altérer ou effacer les images que les objets produisent sur la glace devant laquelle ils sont placés. Comme les corps qui nous environnent frappent diversement nos organes, l'âme est forcée d'en recevoir les impressions ^t ne saurait s'empécher d'avoir la perception des idées qui y sont attachées*