LIVRE II, CHAPITRE VIII
sion de ces sortes de particules insensibles, d'une figure et^ d'une grosseur particulière, qui, diversement agitées, viennent à frapper Jes organes, de la vue et de l'odorat. Car il n!est pas plus difi^cile de . cpQC(eyoir que pieu, peut s^ttac|ier de telles idées à des n^ouvements avec lesquels^ el)es n'ont, aucime ressemblance 9 qu'il est difficile de concevoir qu'il a a^t^ph^. l'idée de la douleur au mouvement d'un morceau de fer qui divise ^otre chair, auquel mouvement la dpul^ur ne ressemble en auciuie manière (5 1).
Ce que je viens de dire des couleurs et des odeurs (a) peut s'appliquer aussi au^ sons , aux
(5i) «Je dirais plutôt' qu'il y a u»e manière de rcssem-. «blance, non pas entière et, pour aiiisi dite, ik termi- «nisy mais expressive , 011 une manière de rapport d*ordte ; « comme une el^pse , et même une parabole, ou une hyper- «bole, ressemblent en quelque (a<çon au cercle dont elles « som Ig projection sut le plan , puisqu'il y a un certain « rapport exact et nature! /<mtre ce qui- est projeté et la pro- «jeetion qui s'en Mti chaque point de l'un répondant, « suivant une ceitftine relation , à chaque point de l'autre.' « C'est ce que les cartésiens ne considèrent pas asse^. »
(à) Remarquons ici qul^, dans Descartes , dans les ourrages du P. Mallebranche , dans la physique de Rohault, en un mot dans tous les traités de physique composés par des cartésiens , on trouve l'explication des qualités sen-
saveurs, et à toutes les autres qualités sertsiblcs, qui ( quelque réaHt^ qtiè'nbus kiîr attribuyîons feussement) ne sont dans^'lë Ibfld antre diosé, dans les objets, que la pulssâfncé de produire en nous diverse:^ sensation^ ip^ le moyen de leurà premières qualités, qÔ4 ^ant, èàriïtàïe fai dit, la grosseur, la' figtete, la éoMexturé, 4t le mouveiiient dé leurs, parties 1'
sibles, fondée exactènrent sttrîeâ tiiéme» prindj)^ \fae M. Locke nous étale dans ce chapitre. Ainsi, Rohault, ayant à traiter de la chaleur et de la froideur (ch. XXIII, part. I ), dit d'abord : « Ces deux mots ont chacun deux significations; « car , premièrement , par la chaleur et par la fr<Âdeur on «entend de«ix^^ éèÉitft4!ieilts part^euli^}^ i^ soift en iioas, et ft qui ressemblent en. quelque façon à ceux qu'on nomme « douleur et chatouillement ^ tels que les sentiments qu'on a « fiu^nd QO apfiraç)j^ di^ feu 9if .qu(u^ 09, touc^if df la g^^^e : fcsecond^mem, par la ^ba)eup et /par la troid^nr oncntend « l^ p<»nvw. ffm certains corp»».i>Wt de causer W iW»s <<Ç* <t deu2( s«p|ii«^i\t$.d4n| JQ viens de parler, v. i^qha^U'^lvvploie U 9ieiQe diftlÎAQtioi^ en parlait .d«^ Si^eur^^ àx^i^l^^fj^i d&fi <W^4«f^,jclia|k;XXV; du 5^/»^ ^i^^J^yivà^lik^u-^ nm^e ^\ à^ Couleurs ^^. XXVJl -h- Jf^:l^^i bi«ntA abtigé de me Éienry de çet|e w«wq^.rP(E»uf tW jus^tf^F im^j^i^re çQoçerpan^ W passage dm livre d^.M. liOqke, ^ il ^^inp^tJ^ avoir «ntièremeat ouN&é' la mfinière dfni^ kl «arté^vi^ ç9^« plicfuent les aualitçç sensibles. H
LIVÏI« lï, CHAPITRE VIII. ^71
Les idèès^ des ^v^tAxèiésè^yxilithYessèhiblent à ces quatiûés^ et celtes des secondes ne leur ressemblent en aucune manière^.
Il est »sé, îe pensie, de tirer ^llei' lancette conduâoD^ que les idéeS' des pnemiètes ^abtés de& cx)rp6 Tessembtetit à cesqualiti^y et: que lei exemplaires de ces idées esistelit réellement dans les covp^ ; mais que les idéeè produites en nous par les secondes qualités ne leur ressem-» bleot en aucune manière, et quil n'y a rien, dans les'corps mêmes, qui ait de la conformité imic ces idée»/ IL n'y a, dis**je, dani^ les corps auxquels nous donnons certaines dénomi)iations, fondées sur lés sensations produites par, leur présence , rien autre chose que k paifi^ance de produkre en luMiS ces mêmes sensat^tisrdig sorte que ce qutest doux, bleu ou diaud dans IHilée, n'est autre cliose da^s les cor^s auxquels on éenne ces noms, qu'tme oertaifiie gnosseur, figure et moùvemeiit des particules insefistbtes dont il:^ sont composés.
Âisstsi, l'on dit que le feu est cfaaiKd et lunn^ neux , la neige blanche et froide , et la ixmuot
2'J2 DE L'EICTEjy.DEMEirT B'DMAIIf.
blanche et douce, k cause de ces différentes idées que ces corps produisent en iious. £t Ton croit commiioément que ces qualités sont , dans ces corps , la n^éme chpse que ce que ces idées sont en nous, eu sorte qu'il y. ait une parfaite ressemblance entre ces qualités et ces idées, comide eii|re un corps, et son iniage représentée dans un miroir» On le croit, dis ^ je, si fortement, que. qui voudrait dire le. contraire, passerait pour extravagant dans resprit de là plupart des hommes. Cependant., quiconque, prendra la peine de considérer, que le même feu, qui, à certaine distance, produit en nous la seasaitîpn de la chaleur, nous cau^e, si nous ea approchons de plus près, une sensfitiou bien.di£Fés rente , je veux dire , celle de la douleur : qui* conque, dis-je, fera réflexion sur cela, doit .se demander à lui-ipéme, quelle raison il peut avoir de soutenir que l'idée de chaleur, .que le feu a produite. en lui, est actuellement dans le feu, et que l'idéç de douleur, que le itètne feu .fait nfdtre en lui par la même voie , n'est point dans le feu ? Par qqelle: raison la blavfcb^ir et la froideur est dans là neige, et non la douleur, puis* que c'est la neige qui produit ces trois idées en nous ; ce qu'elle ne peut faire que par la grossêur, la figm:^, te nombre et; le ixiouvepuoat de sefi'partiës? ^ ; '