‹ Œuvres philosophiques de LockeChapitre 10 sur 28 · Mais, voici comment on explique .cela · texte numérisé non relu

Mais, voici comment on explique .cela

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dans \e paragraphe slrivant.tf Dieu ne peut donc *c faire un éàprtt pour eounâtlre ses ouvrage» ^ si tt ce ii'est quê tet esprit rbie en quelque façon «DiiÊfu, en v&yânt ^çs ôuyrage^; » précisément de telle fyçM^ que, s'il ne voyait jamais rien de plus de son Grëatéui^, il ne connaîtrait aucuit des attributs qiii ednl^titaent sdn essence , il ne croirait pas «dénie qu'il ejtisie un tel être. Aussitôt qu'tiil eufaht â vécu quelques jours, il peut Voir uïiè èiîâhdèlle allutnée, et, bien avant de savoir parler^ il peut voir la balle qu'il tient dans sa maiU : Ces objets, il les voit^en Dieu, de qui il n ft encore aucune notion. Que le lecteur juge luî^tnêhie si cela prouve que l'esprit huinaifi est fait pour Dieu. Je déclare, quant^ à moi, que, si les êttës intelligents ont été fk\t& pôut 4a côhualssaiice dé Dieu , je ne vois pas poUitlo'oi ils ne cbniiàisSènt rien de lui ^ ni coia^*^ nïent ôh peUt dire que Céùt mêmes qui niehfr son existence, sont faits pmir le connaître, le tte suis dôriiè point Convaincu de la vérité de ce* qui suit , sàVôir ; <r que nous he voyons aucune (c cfaosè que par la connaissante naturelle que « nou^ àVbns de Dieu. 3^ Qe qui me semble une manière de raisonner toMe contraire à celle «ée l'apôtre, lorsqu'il dit que «les attributs iUvislblés « de Dieu se voient dans léi choses viables qw'il « a faites. » Ainsi , l'apôtré fait commencer nos

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connaissances dans les créatures ^ et cette con-naissance des créatures nous, conduit, à celle de Dieu, quand naus voulons faire ju^age de lUotre raison. Notre auteur, au contraire, fait commencer notre connaissance e^ Diçu, et par là nous conduit à celle des créatures.

37. Mais , pour donner plus de force . à son argument 9 il ajoute ceci : « Toutes les idées parce ticulières que nous avons des créatures ne sont « que des limitalions de l'idée du Créateur. » Par exemple, j'ai l'idée de la solidité, de la matière et du mouvement des corps ; quelle est l'idée de Dieu dont l'une ou l'aiitre de ces idées est une limitation? Et je ne vois pas d'avantage comment, lorsque je pense au nombre dix, cela concerne en rien, ou limite l'idée de Dieu.

38. La distinction que l'on fait un peu plus loin entre les sentiments et \q% idées ^ obscurcit, selon moi, la question, au lieu de l'éclaircir. L'auteur, s'exprime ainsi : ce II faut bien prendre «garde que je^ne dis pas que nous ayons en rc Dieu le sentiment des choses matérielles ; mais a seulement , que c'est Dieu qui agit en nous : (c car .Dieu connaît bien les choses sensibles, «mais il ne les sent pas. Lorsque nous apercea Yons quelque chose de sensible , il se trouve , « dans notre perception , sentiment et idée apure» » Si, par sentiment, qui est le mot dont

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il se sert en français, l'auteur entend l'acte de sessation, ou l'opération de l'ame en percevant , et, par pure idée, l'objet immédiat de cette perception, ce qui e^t ta définition qu'il donne des idées dans le premier chapitre; il peut y avoir quelque fondement à son explication , en prenant alors les idées pour des êtres réels, ou substances. Mais, en les prenant ainsi, je ne vois pas comment on peut éviter de dire que l'on sent une rose en Dieu, aussi bien que l'on voit une rose en Dieu. L'odeiu* de la rose, que nous odorons, de même que sa couleur et sa figure, que nous voyons, doit être en Dieu; et il ne paraît p^s que ce soit là, ce qu'il>^ voulu faire entendre en ce passage; d'ailleurs, cela ne s'accorderait pas avec ce qu'il avance concernant les idées que nous voyons en Dieu, et que j'exa-^ minerai dans son temps. Si, par sentiment, il entend quelque chose qui n'est ni l'acte de perception, ni l'idée perçue, j'avoue que je ne comprends pas ce que ce peut être, et qu'il m'est impossible de le comprendre. Quand nous voyons et sentons une violette, nous percevons la figure, la couleur et l'odeur de celte fleur. Ici , je ne puis m'empêcher de demander si ces trois choses sont toutes dépures idêesy ou toutes des sentiments? Si elles sont toutes des idées, suivant la doctrine de Tauteur elles sont toutes 7 ,8

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en Dieu; silor^ il s'ensuit que, de même que je vois la 6gure de la violette en Dieu, j'en Yois ég£|lement| en Diep la couleur et l'odeur. L'auteur n'admet poibt cela,f et je pense qu'il a grande raison; par Tabsurdité de la doctrine serait trop évidente, si l'on disait que l'on sent eu Dieu l'odeur d'une violette, la saveur de l'absinthe, ou rimpressioq du froid. Toutefois, je nevpis pas pourquoi l'action d'un de nos sens seulement est appliquée à Dieu, quand nous nous servons de tous aussi biep que de nos yeux pour recevoir des idées. Si la figure, la couleur et l'odeur sont toutes des seniimenis, alors aucune cVelles ne doit étce en Dieu, et le système, de les voir en jpieu est aini>i entièrement renversé. Si enfin (comme on doit Je supposer d'après son explicatioip) il pen^e que la figure de la vk;4ette doit ^tre pris^e pour une idée^ et sa couleur et son odeur pour des sentifnents^ j'ai peine à cornpj^endre p^r quelle loi cette éouleur pourprée (le la violette^ dont, en ce moment même, il me $embk que j'ai dans l'esprit une idée aussi claire que celle de la figure de cette flisur , n'est pas également un^ idée : surtout, après avoir entendu affirmer dans le premier chapitre, où il est questiqu de la qature des idées, que Ton doit copaprendre,*])ar ce mot idée^ seulement ce qui est l'objet immédiat, ou le plus proche de l'esprit, lorsqu'il perçoit une chose.

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39. « Le sentiment , » dit - il immédiatement après, a est une modification de l'ame;» cemot, nu^ificafion ^ qui arrive là comipe explicatif, me semblq ne signifier rieq de {^^us que la chose même qu'il est destiné à ^ipliquer. Parexem*pte: Je vois la couleti>v d'aire violet te, et c'eist là un ^e/2f/^e^/; mais qu'est -^ ce qn'^n sentiment? C'est, dit-il, une modification de Tanae.' Je pretids le mot; et je che^he à voir ce que j'y cançGÎs de relatif à mon ame; mais je suis :£c>rcé d'a^ vouer que je ne conçois en cela rien de plus., sinon que j^ai dans l'esprit l'idée/ de la couleur pourppe que }.e n'avais pas auparavant, a'.apercervant aucune chose feite on aou&rte par mon esprit à propos de cette idée, i^utre U^^inople fait de l'avoir. Ainsi donc, le grand mot dfi>/7^4^^tion ne si^ifie: que. ce qui m'était déjà qoqii^u, savoir: que j'ai à présent l'idée de la coulaur pourpre, que je n'avais pas une minute avant. Qe cette manière, notre auteur, eu prétendant que le;s sensations sont des modifications de l'esprit, commue il »'a auicune idée de ce que peut être cette modification, distinguée de la sensation même, ( par exemple , d'une couleur rouge ou d'une saveur amère), ne nous en ap{)rend pas plus que s'il disait simplement qu'une sensation est une sensation, et que la sensation du rouge ou de

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