SUR QUELQUES OUVRAGES DE M. WORHIS
tpdur le soleil et non pour îuifij. » Msiis ôda suppose que ceux qui voiferit lès cjiose^ en Dieu , voient aussi Dieu, et montrent par là que.kUr esprit est fait pour Dieu ,< puisqu'il est «l'objet, «immédiat de leur connais$aiK3is. » Toutefois, j'en appelle à Texpérience de chacun , pour ^a^ voir si, lorsqu'on voit quelqtie chose que Ton n'avait js^mais vu, l'on voitet aperçoit Dieu en n^émè temps v ou s'il n'est pas vrai au contr jftté que les homnies^.qui, à chaque instant, perçoivent de nouvelles choses , n'ont pas Diçu dans toutes leurs pensées? «Cependant, continue l'autenr, « quand Tesprit voit ses ouvrages , il le voit eu « quelque façon (2). » Cet en quelque façon , ne sert en aucune façon à prouver que nous soyoiriS faits uniquement pour Dieu, pour son idée, pour que sa connaissance soït notre pbjet îm-médiat. Un homme élevé dans' un obscur cachot où il n'aperçoit les objets autour de Jui que par un faible rayon de loanièrè , doit en effet l'idée qu'il a de ces cJijets à cette lumière qui vient du soleil 7 mais , s'il n'a jamais entendu parler du soleil ni pensé à lui , peut*on dire qu^ l'idée du soleil est Tobjet immédiat de sa .conniaissance'; ou , que son esprit , en conséquence ée sesi pér--
(i)' Za Aaîkoit y sect %a, pag. 19g. t . \ .
{%) Ibid., secu 23,pag. aoo. ^ <>
5a4 n£HARQU£S
Ceptiom, a' été ^it pour le soleil? La plupart (jLes hommes ^ont dans ce cas ; et panm ceux qui oùt acquis 40S idées »sur Dieu, soit par la ti^idition , soit par J/e raisonnaient , combien en .pçurriou$-nou8 tCompter, dans l'eâprit desquels j^ne idée de lui $oit présente, toutes les fois qu'ils ;Pff(isent* à un o^je^ nouveau ? . ^
9. Mats, s'il est nécessaire^i-eint déxooûtré que iK>us sommes f^its.pour Dieu , parce que « nous <i voyons, tou.t:es «bosefs en lui ^ <» nojiis ne sommes ;d/{|fi([; pas jnérpe à. moitié £aits pour lui; puisque niQjiirf^ apt^iir déçl^^ns que nous ne voyons en pie|[;i,que les idées de nomJ>re, d'étendue,* et Jie^ éssei^,€es ^njui n^ sont pas la moitié 4çs idées que l'esprit peut (xmcevoir.
^ :x0. « Les simples essences des icho^ei^ ne sont ce autres que la di'^ine essencie dle-méme cosnsiic/jjér>é^ 9fV«c 3a connoidtion , comme rep^ésen* f tant ou màntr^nX diversement les choees , et «susceptible d'être diversement imitée on partir icjcipé0 par elles (i). »£t c'est là ce qu'on nous dit elfe Jes idées (a). le pense que tout cela veut dire, ei) termes' /clairs et intelligible^^ .que Dieu 9 toujours lU puissance de tprodnip:*e tout ce qui nt'iiippUqu)^ ;u.icaiiipe ..cantrad^ctîoiB; il saut aussi
(i) La Raison, etc., part. I ,^^QBteiitpl« Y, seet. 19, p. S^, (a) Ibid., sect. 20. ' .
SOB QUELQUES ODTHAGE9 DE M. SORBIS. 3a5
tout ce que noàs poiivôns f^ire. Mans, qu'est-ce que cela fait aux idées qui sont en hii , connue êtres réelsi visibles pour nous? Dieu savait de toute éternité qu'il pouvait créer un cailloH , un champignon, un homme. Ces choses, qui sont des idées distinctes, faisaien't-eltes iion partie de sa siivple essence? En ce cas, it semblerait que. nous connattrêonS assez Aiàl l'essence de Dieu , et lerion» tme singulière application du mot simple, pour dés^ner ce qui comprendrait toutes les sortes d^ variétés. Cependant, il est certain que TAett connaissait, avant la création, qu'il pouvait donner l'existence à toutes les créatures; où' placer alors les Idées qu'il en aVait , si ce n'est dans sa propre easence ? elles existaient là éminemment ; ainsi elles font partie de IVs^ seadB de Dieu. Les choses e[les>raèmes y existât aussi éi9*nemmenl; ainsi toutes les créatures, telles qu'elles sont en réatité , sont l'essence de Dieu. Gw,8i des êtres finis quelconques, tels que l'on prétend que sont les idées , sont l'essence de Dieu infint; d'autres êtres finis, comme les créatures, peuvent aussi être ('essence de ftieu. Voilà pourtant le langage que sont cbligés de tenir ceox qui ont la prétention de ne rien ignorer; et qui veulent paraître instruits même des connaissances de Dieu, et de la manière dont il les a !
3a6 REMARQUES
i j . a Quaut aux essences des choses , ou « idées, existant en Dieu (i); » il doit y en avoir, en effet, un grand nombre, et la simple essence ' de Dieu renferme alors en -soi une auBsi grande variété d'idées qu'il existe de créatures , chacune d'elles ^taht un être réel et distinct de tous les autres. Si l'on nous répond que cel|t signifie seulement que Dieu peut et sait qu'il peut les produire, nous n'y voyons alors que ce que tout le monde sait. Si cela veut dire quelque chose de plus, et que l'on ne nous montre point ce nombt'e infini (^êtres réels distincts en Dieu, comme composant son essence propre, ce n'est pas différeir beaucoup de: ceux qui tienn^t que Dieu est l'univers , quoique cette opinion sç cac^ie ici sous les expi^éssions inintelligibles d^ simplicité et de variété combinées dans l'essence de Dieu. Mais, ceux qui veulent passer pour savoir tout ce qui est nécessaire pour cette connaissance 9 font Dieu à leur image;. sans cela, comment parleraient-ils avec tânf d'assurance 'c de a l'esprit de Dieu et des idées qui y sont , les- « quelles peuvent représQpter et montrer tous «les êtres-possibles (â)?» ' •
. m. C'est. ^<' dans la nature divine que se
(i) La Raison, etc., sect. 21 , pag. 83.
(a) Ibid., sect 3o, pag. 92, 98.