MÉTHODE NOUVELLE
l6 AdVERSABÎUM. METHODUS«]
pas toujours à la vérité la page même, à cause des espaces que l'on peut laisser en diverses éditions, et qui ne sont pas toujours égaux à proportion , mais on n'en est jamais fort éloigné; et il vaut beaucoup mieux trouver un passage à quelques pages près, que* d'être obligé de feuilleter tout un livre pout le trouver, comme il arrive lorsque le livre -n'a point d'indice, ou que l'indice .n'est pas exact
AcHERON.] Pratum, ficta mortuorum hahitatio, est hcus prope Memphm , jtixta paludém quam Docant Acherusmm y etc. C'est un passage de Diodore dont voici le sens : Les champs, où l'on feint que demeurent les morts, ne sont autre chose qu'un lieu proche ^e Memphis, près d'un marûs qu'on appelle Acherusia, autour duquel il y a de fort agréables campagnes, où l'on voit des lacs et des forêts de lotus et de calamus. C'est avec raison qu'Orphée dit que les morts habitent ces lieux, parce que c'est là que sont la plupart des Hinérailles des Égyptiens, et les pluB grandes. On y porte les morts par le Nil, et par le marais d' Acherusia, et on les met là dans des voûtes souterraines. U y a encore d'autres fables chez les Grecs touchant les oufers, qui s'accommodent fort bien avec ce qu'on fait aujourd'hui en Egypte. Car on appelle Baris le bateau dans lequel on transporte les morts; et l'on donne une obole pour le passage au batelier, que l'on nomme Charon en langage du pays. Assez proche de ce lieu
est un temple d*Hécatè la ténébreuse, et les portes duCocyte et du Léthé, fermées avec de grosses barres de cuivre. Il y a encore .d'autres portes, qu'on nomme les portes de la Vérité, avec la statue de la Justice, qui esl au-devant, et qui n'a point de tète. Marsham, f^r*
METHODE ttOVY'Ètt.-È
18 BBioHi'ra.} {Vage •).)
priiercAoaiai'^^, it tu pltit Mà^^im ikémèàH tittre par U trtm ^fme aiguillé, gWna t*hii dàm le iVfMtHie des rieux. Ebion changea cet endrml de l'ÉVâtigilet t»iin!e tytt'îl ne croyait pas J. Chkist fils de Dteu , ni Législateur, mais un simple interprète de la Loi donnée par Moïse. Grotùis. -r^îi-
I>E DRB^SEK DES RECUEILS. 357
358 MÉTHODE NOUVELtE
^O H^aBTiGi.] Nostnan igiturjuit eligere et optare meliora, ut ad vesiram correctionem aditum haberemus, non in contentione et œmuîatione etpersecutionihus ; sed mansuetè consolando, bénévole hortando, lenitef disputando, sicut scriptwm est: Servum autem Dàfnini non oportet litigare, *sed mitem esse ad omneSf docibUem ^ patientent , in modestia corripientem diversa sentientes.Nostrum ergojmtvelle has partes expetere: Dei est volentibus et petentibus donare quod bonum est. JUi in vos sœviantqui nesoiunt cum quo labore verum inveniatur, * et quant difficile caveantwr errores, HU in vos sœviant, qui nesoiunt quant rarum et arduum sit carnaUa phantasmata piœ mentis serenitate superare. EU in vos Sieçiant, qui nesûiunt cum quanta di^ultate sanetur oculus intenoris hominis, utpossit intueri solem suum,... HU in vos sœviant qui nesoiunt quibus suspiriis et gemitibusfiat ut ex quantuUicunque parte possit intelligi Deus. Postremd, illi in vos sœ^iant, qui nuUo tali errore deoepti sunt, quali vos deceptos vident. In Catholica enim Ecclesia^ ut omittan^ sinoerissimam sapientiam, ad çujus oognitionem pauci spiritaies in kao vita pervemunt, ut eam ex minima quidem parte , quia komines sunt, sed tamen sine dubitatione oognoscant: oceteram quippe turbatfi non intelligendi vivacitas, sed credendi simplicitas tutissimamfacit, AugustinuSy tom. YI, col. 116, fol. Basile» i54ay contra Epist. Manichaei, qùam vocànt Fundamenti. «Nous avons « cru qiie nous devions faire un meilleur choii^y et que, pour « vous faire revenir de vos erreurs , il ne fallait pas se jeter « sur les injures et sur les invectives , ni irriter votre esprit « par de mauvais traitements , mais qu'il fallait attirer votre « attention par des paroles de douceur et des exhortations, « qui marquassent la tendresse que nous avons pour vous : ft selon cette parole de l'Ëcriture : Il ne faut pas que le ser- « viteur du Seigneur aime les querelles, mais il doit être
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DE DRESSER DES RECUEILS. SSg
« doux envers tout le monde, affable et patient , et reprendre « d'un air modeste ceux qui ne sont pas de son sentiment.... « Que ceux-là vous traitent avec rigueur, qui ne savent pas « combien il est difficile de trouver la vérité et d'éviter les « erreurs. Que ceux-là vous traitent avec rigueur, qMÎgno- « rent combien il est rare et pénible de faire céder lesphan- « tomes qui troublent l'unagination au calme d'un esprit « pieux. Que ceux-là vous traitent avec rigueur qui ne con- « naissent point les difficultés extrêmes qu'il y a à purifier « l'œil de l'homme intérieur, pour le rendre capable de voir « la vérité, qui est le soleil de l'ame. Que ceux-là vous trai- « tent avec rigueur qui n'ont jamais senti les soupirs et les « gémissements qu'il faut pousser, avant qu'on puisse ob- « tenir quelque connaissance de l'Être divin. Enfin que ceux- A là vous traitent avec rigueur, qui n\)nt jamais été séduits « par des erreurs semblables à celles que vous suivez. Je passe « sous silence cette sagesse très-pure où un très-petit nombre « de spirituels parviennent en cette vie, en sorte que, quoi- « qu'ils n'en connaissent que la moindre partie, parce qu'ils a sont hommes, ils la connaissent néanmoins avec certitude, a Car dans l'Église Catholique... ce n'est pas la pénétration de « l'esprit, ni la profondeur de la connaissance, mais la sim- « plicité de la foi qui met le peuple en sûreté. »
Barbari quippe homines Romanœ, imà potiùs humanœ
eruditionU expertes ^ qui nihil omninb sciant nisi qubd a
doctoribus suis audiunt: quod audiunt hoc sequuntur, ac su
^^ necesseest eos, qui totius lUteraturœ ac scientiœ ignari, sa-
i6o MÉTHODE I¥Ol)V£LLE
2^ CovFESSio FiDBi. ] Peficuioswn /mbù admodum atque eiùim mùerabile esi^ toi nuncfidet existere, quoi "woluntaies^ et tôt nobis dactiinas esse, quot mores ^ et t»t causas àiasphemiâmmpùlialare, qaotvittasMntrdumautAafiiesstrilfWttur 'ut volmfus , oui ita,ut volamusy inteiiiguntur. Et càm secum.dmm unam Deum etamun Domùmm etunum baptisma^étiam fide^ g$na sit, eascidimus eià eafide quœ sola est : et dumpiures fiant ^ ad id esse eœperunt ue ulla sit, ConseU enùn nobis invieem sumus postNicœm conoentâs Sjjrftodunif mkU alàtd qaàm fidem scribi. Dum in "êerbis pugna est, dum de nù^itatibus quœsth est, dum de aOibigms occasio est, dum de auetoribus quereta est, dum de studiîs certamen est, dum in ctmsensu déj^ukas est, dam oUer idten anatkema esse ccepà, propè jam nemo ChrisH est, ete- Jam 7>er6 pmximi annifides , qfuid jam de immutathne ûi se hahèt? Primum quœ homomioii dedèmk uxceri : sequens rursùm quœ homcrasioii décerna et prœdicttt, Tertium deinceps, ^am^ ousiftin simpUcitera PaiHbus prœsumptam,per indulgentiam excusât, Fostremum quattam, quœ non excusât, ^d eondemnaty etc. De simiUtudine autem Filii Dei ad Deum Patrem, quod miserabiUs nostfi tempons fides est^ ne non ex toto, sed tantum ex portéene sit similis? EgregU sciUcet arbiiri oœlestium sacramentorum conquisitores, inpisibilium mysteribrum professionibus de fide Dei cabane niamur, annuas atqws menstruas de Deo fides decemimus, decretis pœnitemus, pœnitentes defendimus, defensos anathematizamus , aut in nostris aliéna, aut in aiienis nostra damnamus, et mordentes imieem, jam absumpti sumus inpicem, Hilarius, pag. aii , m lib. ad (jonstandum Augustum. Basil. 1570 9 fol. « Cest une chose également déplorable et « dangereuse, qu'il y ait présenteftient autant de Confessions ' n de foi que de phantaisies , autant de dogmes que d'incli-
DE DRESSEa DES R£GU£1LS. 36 1
23 « nations, et autant de sources de blasphèmes qu'il y a de dé- • fauts parmi omis, puisque iioas faisons des Confiessioss de « foi teUesqit'il nous plate , jou que nous les expliquons comme «bon nous jsemble. £t eomme il n'y a qu'ooe seule foi, de « même qu'ii n'y a qu'on seul Dieu, un seul Seigneur et un «»nti baptême, nous renonçpoa à cette foi 4{m est unique, « lorsque noua en faisons plumuis Confesâons difSérentes, et « eette diversité est cause qu'il ne se trouve plus de Téritablç < foL "Sam sommes eonvaificna de part et d'autre que depuis « le Concile de N&cée, on n'a fait qu'écrire des Confessions. Et « p«ndaat qu'on se bat sur des mots, qu'on agite des questions « nouvelles, qu'on dispi^^e sur des termes équivoques, qu'on « se piaittt des auteurs, que ebacun s'efforce de faire triomft pher son parti, qu'on ne peut s'accorder, qu'on s'anatbé- «natise récifiroquement; il n'est presque plus personne qui « denieure attaché à Jisos* Christ. Quel changement n'y art4( « pas dans la Confession de l'année passée ? La promise or* « donne qu'on se taise i«r Vhomouiion; la seconde l'établit et « veutqv'on en parle; la troisième excuse les Pèresdu Concile, <tet prétend qu'ils ont pris simplement le mot d'ousia; la «quatrième enfin les oondamne, au lieu de les exeuser. ▲ <c l^égard de la ressemblanœ du fils de Dieu avec son Père, ce « qui est la Confession de foi de notre misérable temps; on « dispute pour savoir s'il lui ressemble en tout, ou seulement « en partie. Voilà de belles gens pour approfondir les secrets « du ciel. Cependant c'est pour ces Confessions de foi, sur des « mystères invisibles , que nous nous calomnions les uns les « autres sur la créance que nous avons de Dieu. Nous faisons «des Ccmfessions tous les ans et même tous tes mois, nous ^ « nous repentons de*ee que nous avons fait, nous défendons « ceiix qui s'en repentent, nous les anadiématisons après les
MiTHODE NOUVELLE
26 Coirrtssio Fioftx. } ( Page «3.)
« avoir défendus. Amsi noua condamnons ou les dogmes des « autres dans non»-inéniea, ou nos dogmes dans les autres ; « et nous dcchimnl réoiproquemetit, nous avcNis oaasé notre « perte mutuelle^ ^
366 AIÉTHODE WOUV. DE J)R ESSER DES REC.
«;ig Haretici.] (Page a5.)
« cœur est plus droit que leur créance; et que, s'ils se tfom- «pent, c*est un mouvement de piété qui les jette dans « rerreur. »