DU COMTE BE SH'AFTESBURY
de la chambre. Mais, demeurant ferme dans sa première résolution, il trouva enfin assez d'amis, parmi les plus considérables du parti contraire à M. HoUis, pour se tirer d'affaire ; ils exaltèrent extrêmement la générosité de sa conduite, et firent voir que cette action méritait si fort les louanges de l'assemblée plutôt que ses censures , que ceux qui étaient les plus aigris eurent honte d'insister plus long-temps là-dessus , et laissèrent tomber la proposition de l'arrêter.
ce Quelques jours après, M. HoUis alla au logisdu chevalier Ashley , et le remercia en termes pleins de reconnaissance et d'estime de l'égard qu'il venait d'avoir pour lui dans le parlement. Le chevalier répondit , qu'il ne prétendait rien mériter de lui par l'action qu'il venait de faire , ni lui imposer aucune obligation pour cela; que ce n'était point par des égards particuliers pour lui qu'il s'était déterminé à en user de cette manière; mais qu'il se devait cela à sdl-méme, qu'il l'aurait fait également , si toute autre personne y eût été intéressée ; et qu'ainsi il se croyait au* tant en liberté qu'auparavant , de vivre avec lui comme il le trouvait à propos; mais qu'avec tout cela , il n'était pas si mal informé du mérite de M. HoUis, et ne connaissait pas si peu le prix de son amitié, qu'il ne fut prêt à l'accepter,
38a MÉMOJIVÏIS SUR LA VIE
comme une très-grande faveur, s'il l'eir jugeait digne* M. HoUià , qui ne fut pas moins charmé de son discours que de ce qui en avait ^té l'occasion 9 lui donna de nouvelles assurances d'une amitié ardente et sincèfe, qui fîirent reçues avec des termes qui marquaient la oonsklération que le chevalier avait pour lut Par là une ancienne mésintelligence entre deux hommes, qui avaient le cœur généreux et de grands biens, qui étaient voisins et vivaient dans la même province , fut changée en une vraie et sc^e amitié, qui dura autant que leur vie.
« Cette histoire me remet dans l'esprit ce qu'il me souvient de lui avoir ouï dire fort souvent , touchant l'obligation où l'on est de g^irder le ûlenee , à propos de quelque chose qui avait été dit devant lui ; que ce n'était pas assez qu'il ttrU secret ce qui lui at^ait été confié^ sous ceiie condition; mais que là conversation emportait^ outre celaj une conjtance générale et tacite ^ en veftu de laquelle on est ohkgé djQ ne pas rapporter une chose qui, peut en. quelque manière préjudicier à celui qui ta dite^ quoiqu'il n'ait point Jaà cannât^ ire qu'ilsouhaiêait que la chose ne fût point redite.
ccll avait accoutumé de dire que la sagesse résidait dans le cœur et non dans la tête; et que ce n'est pas du dé&ut de connaissance,
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