DU COMTE DE SHAFTESBURY
mais da la corruption du cœur que vient l'exlravagance des actions des hon^mes, çt le dérègle^ ment de leur conduite.
« Il disait aus^i qu'il y a dans chaque personne (^eux hPI^Dlfe^» V\in sage et Tautre fou ; et qu'il faut leur accorder la liberté de suivre leur géme chacun à son tour, Qu§ siyous p|:^éte^de:ï, disaitil, que le sage, le grav^ et le sérieux ait toujours le tin^on , le fou deviendra si inquiet et si incommode qu'il inel;tra le 3age en désordre, et le rendra in^pable de rien faire. Il faut donc que le fou ait aussi à son tour la liberté de suivre ses caprices, j de jouer, et de folâtrer, pour ainsi dire, à sa fan^isip, si vous voulez que vos affaires aillent leur train et sans peine-
a Jç lui ai entendu dire, qu'il ne demandait d'un homme quel qu'il fût , pour le connaître , sinon qu'il voulût parier. Qu'il parle comme il WJtudra ^ di^aitril ^ pçurç'u qu'il parle, celasuffits
Effectivemeut je n'ai jamais vu personne péné-. trer si promptement dans le cœur des hommes, et, à la faveur d'une petite ouverture, reçonnaî-* tre, comme il voulait, les recoins d'un lieu si obscur. Il comprenait au juste les messages qu'on venait lui faire, dès que ceux qui en étaient chargés, ouvraient la bouche, et qu'ils commençaient leur discours, en apparence dans un tout
autre dessein. Il me souvient de. quelques faits , qui pourront servir à justifier ce. que je viens de dire de son ^extrême pénétration.
«Le chevalier Onlow(i) et lui ayant été invités par le chevalier J. D. à dînei^chez lui, à Chelsey(a), et priés de «'y rendre de bonne heure, parce qu'il avait une a£Eaiira in^portante à leur communiquer; ils vinrent à temps, et dès qu'ils ftirent assis, le chevalier J. D. leur dit, qu'il avait jeté les yeux sur eux, à cause de leur' habileté , et de l'amitié particulière qu'ils avaient pour lui , afin d'avoir leur avis sur une matière qui lui était de la dernière importance ; et en même temps il ajouta qu'ayant vécu plusieurs années en veuvage , il commençait à avoir besoin d'ijne personne , qui pût le soulager d'une partie des affaires de sa famille et prendre soin de lui-même , pendant tout le reste de sa vie ; qu'il allait être toujours plus exposé atix infir- .mités de la vieillesse ; et que pour cet effet il avait jeté les yeux àur une femme, qui lui était connue par une expérience de plusieurs années ; qu'en un mot c'était la gouvernante de sa maison. Ces messieurs qui connaissaient très-bien cette femme , et qui étaient grands amis du fils
(i) Sir Richard Onlow.
(a) Cest un petit lieu à deux milles de Londres.