‹ Œuvres philosophiques de LockeChapitre 24 sur 28 · DU COMTE DE SHAFTE&BURY · texte numérisé non relu

DU COMTE DE SHAFTE&BURY

saîi comme Je vous le dis. Le comte de Soutfaampton , qui avait d'abord regardé cette pensée comme ttûe imagination frivole, ne fut pas iongtemp!( à être convaincu que mîlord (i) Ashley n'avait pas mal cdnjecturé ; car le duc d'York 2tvoua peu de temps après publiquement son mariage avec cette dame, qui a donné deux grandes mnes à l'Angleterre.

«Je rapporterai encore un exemple de sa grande pénétration, dans une occasion très-conâdérabie , où elle lui fut fort utile à lui-même. Quelque temps après la mort de Cromwell , l'armée, aysant oté le gouvernement des afïaires à Bichard, fils de Cromv^ell, les offîcièrs'-généraux s^en emparèrent eux-mêmes, et commencèrent à exercer cette autorité , par un certain nombre d'entre eux, établi par Lambert, qui avait le plus de '.crédit dans l'armée, dont il avait le principal coiomandement. Us nommèrent ce nouvel 4^tablîssement le comité de sûreté. Le dievalier Ashley, ayant tout sujet de craindre que cette asurpation, quoique couverte d'un prétexte et dlnn titiie spécieux^ ne produisît enfin une vrai^ tyrdniDe, jugea que le premier pas qu'3 fallait

'(t) 'Ofn le nomitaàit alors âimi, parct qa'fl avidt été créé baron, peu de temps api^è^ le rétablissement de Charles II , qui lai donna ensuite le titre de comte de Shâftesbury.

faire , pour rétablir l'ancienne forme du gouvernement de lia nation, était de dissiper ce nouvel établissement; ce qu'on ne pouvait exécuter, sous aucuï]^ prétexte légitime , que par l'autoritié

du long parlement (i). S'étant donc concerté secrètement , avec le chevalier Haselrig (a) et quelques autres menobres, ils donnèrent différentes commission5> au nom du parlement, à l'un, pour être major-général des troupes autour de Londres; à un autre, pour l'être de celles de l'ouest d'Angleterre, etc. ^ et cela dans un temps où ils n'avaient pas un seul soldat à leur disposition. Aussi avait-il accoutumé de dire en riant, qu'après avoir reçu sa* commission, son grand soin avait été de trouver où il pourrait la cacher. Avant cela, il s'était assuré de la ville de Portsmouthy car ayant rencontré un jour par hasard, axas Westminster 'hall y le colonel Methan, gouverneur de cette place, l'un de ses anciens amis, il lui demanda ; si, supposé qu'il vînt à avoir besoin de Portsmouth, il voudrait bien le lui remettre entre les mains ; le colonel l'assura que cette place serait à sa dévotion, quand il voudrait Quoique ces négociations ne fissent pas

■(pf.

; (i) On appelait ainsi le parlement de 164 1 qui commença et finit la guerre contre le roi Charles L (a) Sir Arihur Haselrig.

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