BU COMTE DE SHÂFXESBURY
partie <|e délies qui étaient ménagées plus secrètement, cependant, comme elles donnaient l'idée de quelques préparatifs éloignés, la maison de fFaUingfordy où s'assemblait le comité de sûreté^ en prit l'alarme; de sorte que ces messieurs commencèrent à examiner avec tant d'application toutes les acliions et les démarches qui pouvaient éclaircir leurs soupçons , qu'à la fin ils furent pleinement persuadés qu'on machinait quelque chose contre eux, et qu'on se préparait en différents endroits à quelque soulèvement. Comme ils connaissaient la vigueur et l'activité du chevalier Ashley, et sa disposition à leur égard , ils soupçonnèrent quHI était un des arcboutants de cette affaire. Pour pénétrer donc aussi avant qu'ils pourraient dans ce mystère, et pour s'assurer de l'homme qu'ils appréhendaient le plus, ils le mandèrent à là maison de^ WaUingford ^ où Fleetwood l'examina sur les raisons qu'il avait de soupçonner qu'il formait des desseins contre eux dans l'ouest de l'Angleterre ; qu'il y disposait le peuple à un soulèvement, et qu'il voulait aller se mettre à sa tête. Il leur répondit qu'il ne se croyait nullemen|:
obligé de leur rendre compte dé ses actions, ni de s'engager à eux par aucune promesse ; mais que', pour leur faire voir combien leurs soupçons étaient mal fondés , il promettait de ne pas sortir
390 MÉMOIRBS SUH LA YIE
de la ViUe, qu'il ne fwt le leur déclarer aupsravaut. Fleetwood, qui savait qu'on pouvait Ten. croire sur sa parole^ satisfait de sa promesse, le laissa aller à' cette condition, pomme l'on savait que son bien était dans l'ouest de l'Angleterre, où il avait aussi le plus de crédit, on présuma que c'était là son poste, et. que, s'il se faisait quelque mouyem^it, il ne manquerait pas d'y paraître , parce que son plus grand crédit étant en ce pays-là, on ne voyait pertonne, qui put y prendre sa place, et y jouer son rôle. Mais ;b se trompèrent en cela: car ce nouveau parti ayant su quil aurait Portsmouth ^ le cbera^ lier Haselrig se chargea d'abord de ce poste ; et le chevalier Ashley choisit de restera Londres j parce qu'il avait des machines à Êdre puer dans l'armée, logée dans cette ville, ou autour, et qu'il savait que ce serait là le siège des grandes affaires et de certaines négociations, d'où dé^ pendait le succès de leur entreprise. Lambert, l'un des principaux directeurs des afËwes dans l'assemblée de ff^allingford ^ était absent', lorsque le chevalier Ashley y comparut, et il n'arriva qu'après que le chevalier se fut retiré. Mais il n'eut pas plus tôt appris qu'il avait comparu dans l'assemblée, et tout ce qui s'était passé, qu'il blâma Fleetwood de l'avoir laissé aller, et dit qu'on aurait <lù s'assurer de sa personne; qu'il
■■ *• *^^*^B^^^^F"Wi«^«B«V^^iM^MHi^PHMS0PP^
BU COMTE DE SHAFTESBURY. Sgi
y avait certain^nent qaelqtte ofaose en quoi ils avaieiit été trompés, et qu% n^auraiènt pas , d& laisser échapper si fadlement ua homme aussi actif et aussi dangereux que lui^ Lambert avait plus de pénétration et d'étendue d'esprit que Fleetwood et que tout le reste de ces gens^là. C'est pourquoi, connaissant de quelle importance il était, pour leur sûreté, de faire avorter les ]ta*ojets d'un homme si liabile et si vigilant , il i^ésolut de ùe rien négliger pour se rendre maître de sa personne.
« Le chevalier Ashley, retournant un soir dan& son logis, auprès du CoverU^GardeUf trouva iih homme qui frappait à sa porte. Il lui demanda à qui il en voulait : cet homme répondit que c'était à lui-même , et là-dessus il entra en dis^cours avec lui; Le chevalier Ashley l'écouta aussi long-tempg qu'it v^Milut, et lui rendît telle ré^ ponse qu'il jugea à propos, après quoi ils se séparèrent. L^étranger sortit de l'entrée du logis où s'était passée leur conférence , dans la rue , et le chevalier s'avança vers le corps du^ logis. Mais coiijœturant, par ce qUe. cet homme venait de lui conter, que ce n'était qu'un prétexte, et que* dans le fond il était envoyé pour qMelqué autre' chose, il marcha, en le quittant, vers lé dedans du logis , comme sHl eut eu dessein ^d^'y titrer. Mais, dés que cet homme fut horf dé
Yue, il revint sur ses pas, et alla danSv-la maison de son barbier, qui logeait tout auprès. Il n'y, fut pas plutôt entré , et arrivé dans une chambre du premier étage , que sa porte fut environnée de mousquetaires; et, en même temps, Tofficier accompagné d'autres gens, entra dans la maison, pour se saisir de sa personne. Comme on ne le trouva point, on fouilla exactement dans tous les coins et rçcoins dû logis , l'offîcier ne cesssuït d'assurer qu'il ne doutait nullement qu'il ne fût dans la maison , parce qu'il venait tout présentement de le quitter , ce qui était vrai ; car il n'avait été qu'au coin de la rue, pour aller chercher une compagnie de soldats , qu'il y avait laissée hors de vue, pendant qu'il était allé s'as-surer lui-même, si le gentilhomme qu'il cherchait était chez lui. Ne doutant plus, après cela, de l'y trouver, il était revenu avec ses soldats pour s^n saisir. Mais le chevalier Ashley, ^ ayant pénétré son dessein, parce qu'il' venait de lui dire, lui donna le change. Dès lors il fut obligé dé pourvoir à sa sûreté, et de se tenir caché ; mais ce ne fut pas pour vivre retiré dans un coin, les bras croisés. Du Ueu de, sa retraite, il continua à attaquer les offîciers de fFulling^ fordj et ne laissa pas de leur faire sentir son crédit , quoiqu'il ne se moiitrât point. Il engagea plusieurs compagnies de leurs soldats à se rendre
n *■ ■ ■ ■■ i-^'^p^gyigwwi^i ' i^^ ^^g^igpi^^yy^^^^^^^i^^^^^^^^B* " J i ^