‹ Œuvres philosophiques de LockeChapitre 26 sur 28 · DU COMTE DE SHAFTESBURT · texte numérisé non relu

DU COMTE DE SHAFTESBURT

dans., Lincoln' S 'inn'/îeldSf sans leurs , officiers ; et de, se mettre là s^us le commandement de certains o£Giciers,. qu'il leur avait assignés. La ville de Londres commença à, reprendre cou-, rage, et à faire connaître qu'elle n'avait pas grand égard pour l'assemblée de fFallingford. Le chevalier Ashley ne cessa pas d'agir, qu'il n'eût formé un parti assez puissant et assez courageux , pour se déclarer ouvertement , en faveur de l'ancien parlement, comme le seul pouvoir légitime qui fût alors en Angleterre, et qui eût droit de prétendre au gouvernement de l'état , et de s'en charger actuellement. Portsmouth ayant été mis entre les mains du chevalier Ha* selrig, et la ville de Londres faisant éclater spn inclination pour le parlement, les provinces d'Angleterre se déclarèrent aussitôt du même côté; et leur, concours donna un si 'grand avantage au nouveau pairti , qu'on réhabilita les membres qui avaient été exclus du parlement , dans leurs fonctions précédentes. Ce fut là la première démarche que le chevalier Ashley fit à découvert, pour arracher le pouvoir de gouverner l'état d'entre les mains de l'armée, qui, regardant Richard, fils de Cromwell, comme un homme indigne d'un tel emploi , s'en était emparé comme je viens de le dire, et en avait donné la conduite à une assemblée composée

de ses propres officiers. Lambert, qui avait le plus de pouvoir et d'autorité dans l'amiée, l'avait placée dans ce comité, jusqu'à ce qii'il eût disposé les choses de telle manière ^ qu'il pût se rendre seul maître des affaires. Mais le chevalier Ashley trouva moyen de faire échouer tous ses projets, dès que le parlement fiil rétabli.

u La première chose <{u'il fit, fut d'obtenir du parlement , pour lui-même et pour deux on trois autres membres des plus considérables et des plus populaires , une commission , qui leur donnait le pouvoir de commander toutes les troupes qui étaient en Angleterre; mais qu'ils ne devaient exercer que conjointement. Cela ne fiit pas plus tôt fait, qu'il les pria de se rendre dans Un endroit où il avait fait assembler nombre de copistes , pour leur faire transcrire sur-le-champ quantité de copies d'une lettre , où ils déclaraient qu'ayant plu à Dieu de rétablir le parlement dans l'exercice de son autorité , et que ce même ]pariement leur ayant donné commission de commander l'armée, ils ordonnaient à Tofficier auquel la lettre était adressée , de se rendre inces^ainmeni en certain lieu, avec sa compagnie de cavalerie, ou d'infanterie, ou avec son régiment. Ces lettres étaient adressées au principal officier de chacun des corps qui avaient leurs quartiel^ ensemble ,

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dons un certam endroit de l'Aiigleterre. Elles farent envoyées^ cette même nmt, par des messagers particuliers ; de sorte que plusieurs officiers recevant un ordre si exprès de marchfer sur-lechamp , Us n'eurent pas le temps de s'assembler et de concerter entre eux ce qu'ils devaient faire. Comme ils n'apprenaient par là autre chose, si ce n'est que le parlement était rétabli, et que Londres^ Portsmouth et d'autres villes en Angleterre s'étaient déclarées pour le parlement , ils n'osèrent pas désobéir, mais tous, selon leurs difiPérents ordres , se mirent en marche , les uns uns d'un coté et les autres d'un autre; et par là cette armée, qui était l'unique soutien du comité de sûreté ^ îaX entièrement dissipée, et devint toût-à-fait inutile à l'assemblée de H^ailingford^ qui se trouva ainsi sous la puissance du pariement; les membres de cette assemblée étant autant de gens désarmés , dont il pouvait disposer comme il voulait.

ce Si le chevalier Ashley en eut été cru auparavant, les choses ne seraient peut-être jamais venues à l'extrémité à laquelle on les porta de* puis. C'est une chose connue que pendant que le parlement demeura dans son entier , Denzil HoUis y avait le plus de crédit. Il n'est pas moins certain qu'il aurait pu se maintenir dans ce poste , s'il eut voulu suivre l'avis du chevalier

qu6 Monk avait dit, au-delià de ce qu'il prétendait lui-même (car; dans lé fond, il n'avait en vue que de se retirer du conseil , à la faveur de ' la protestation qu'il venait *de faire), il lui dit, que s'il .avait parlé sincèrement, il pouvait luimême dissiper sur-le-champ toutes sortes de scrupules, en ôtant dès ce moment à certains officiers de son armée, qu'il nomma, leurs comr missions, et les donnant à ceux qu'on lui nommerait , et cela avant qu'il sortit du conseil. Monk n'avait pas naturellement l'esprit fort prompt ; il était coupable , et seul au milieu de gens dont il ne savait quelles pgurraient être les résolutions ; car ils ' avaient tous donné dans le sentiment du chevalier Âshley, parce qu'ils s'étaient aperçus assez clairement que Mbnk leur avait voulu jouer quelque méchant tour. Se voyant donc serre de si près, et ne trouvant point d'ai2tî*e moyeu de se tirer d'affaire , il consentit à ce qu'on lui proposait; et ainsi, sur l'heure, avant qu'il sortit du conseil, une- grande partie des commissions de ses officiers furent changées; et entre autres personnes qu'on leur substitua, le chevalier Haley(i), membre du conseil, et alors présent, fut fait gouverneur de Donjcerque

(i) Sir Edward Haléy.

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