‹ Œuvres philosophiques de LockeChapitre 27 sur 28 · DU COMTE DE SHAFTESBURY · texte numérisé non relu

DU COMTE DE SHAFTESBURY

à la place du chevalier LocTkhart (i), et partit incessamment pour en prendre possession. Par ce' moyen l'armée cessa de dépendre du général Monk, et fut mise entre les mains de gens fort éloignés de le servir dans le dessein qu'il avait formé. L'ambassadeur de trance, qui, la nuit précédente, avait dépéché un courrier au cardinal Mazarin , pour l'assurer positivement que les choses sellaient comme il le désirait , et qu'il avait fixé Monk dans la résolution de se charger lui-même du gouvernement, fut fort surpris de trouver le lendemain que les choses prenaient un tour bien différent; et la cour de France fut si mécotitente de lui, qu'il fut rappelé aussitôt, et disgracié, dont il mourut de déplaisir, peu de temps après. « Voilà ce qui donna le gralnd branle au rétablissement du roi Charles II, dont le chevalier Ashley avait formé le plan long-temps auparavant, et qu'il avait acheminé... »

Ici finissent les mémoires de M. Locke. Mais il vient de me tomber entre les mains une lettre, que le comte de Shafteîbury écrivit lui-même au roi Charles II , où l'on trouve de quoi suppléer en partie ce qui y manque. Elle fut écrite en 1681 , de la Tour, où ce prince l'avait envoyé,

(i) Sir William Lockhart 7 26

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4o2 MÉMOÏRFS SUR LA. VIE

sur de fausses accusations, dont il fut glorieusemejit justifié. On y verra ce que M. Locke n'a pas eu le temps de dire , et qui mérite d'être connu de la postérité; c'est que non-seulement le comte de Shaftesbury eut beaucoup de part au rétablissement de Charles II ; mais qu'il s'y employa, sans avoir entretenu auparavant aucune correspondance avec ce prince, ni fait aucune condition pour lui-même.' Voici comme il s'en exprime dans cette lettre.

Sire,

«Dieu, qui est le roi des rois, permit à Job d'entrer en dispute avec lui, et de lui exposer sa cause (i) : Âccordez-moi donc aussi, grand roi, la permission de. plaider la mienne devant votre majesté, et non-seulement de ra'appuyer surdon innocence, mais même sur mes services à l'égard de Votre Majesté. Car mon mtégrité m'est précieuse ; je prétends la maintenir et ne pas V abandonner : mon cosur ne me reprochera rien tant qiieje vivrai {%).

« J'ai eu l'honneur d'avoir été l'un des prin-

(i) C'est rexpression de Job, chap. XXIII, vers, 4 t^e inilord Shaftesbury a employée à dessein.

(a) C'est un passage de Job, chap. XXVI, vers, 6,

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