‹ Œuvres philosophiques de LockeChapitre 6 sur 28 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

LjJl lettre suivante , sur la Tolérance , imprimée d abord , en latin , cette année même ( 1689), en Hollande, a déjà été traduite en hollandais et en f Ançais. Une approbation si prompte et si générale peut donc garantir d avance l'accueil favorable qu'elle recevra en Angleterre. Je crois bien , à dire le vrai , qu'il /l'y a pas de nation au monde che« laquelle on ait autant écrit sur ce sujet que* chez la nôtre. Mais assurément aussi ^ il n'y a pas de peuple où l'on ait encore autant besoin de dire et de faire, sur* cet article, quelque chose de plus qu'on ne l'a fait parmi nous.

Non -seulement notre gouvernement a été partial, en lait de religion ; mais cetix même qui ont eu à souffrir de cette, partialité , et qui par conséquent se sont efforcés , par- leurs écrits-, de défendre leurs droits et leurs libertés, l'ont fait, pour la plupart, sur des principes étroits, uniquement appropriés aux intérêts de leurs propres sectes.

Cette étroitesse d'esprit, qui s'est manifestée de tous côtés, a sans doute été la principale cause de nos misères et des troubles qui ont régné parmi nous. Mais , quelle qu'en ait été la source , il est aujourd'hui grand temps d'y chercher un remède efficace. Nous avons besoin d'employer des moyens de guérison plus généreux que ceux dont nous avons fait usage jusqu'à présent. Ce ne seront ni des déclarations d'indulgence,

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ni des actes d'amnistie, plus ou moins étendus, comme ceux qu'on a pratiqués ou projetés parmi nous , qui mettront un terme à notre souffrance. Les premiers * ne sont que des palliatifs, les seconds ne font qu'augmenter le mal.

Une liberté absolue y une juste et -véritable liberté y une liberté égale et impartiale j voila ce dont nous aidons besoin. Or, quoiqu'éft en ait beaucoup parlé, je doute qu'on Fait encore bien .comprise; je suis sûr au moins qu'elle n'a été mise en pratique ni par nos gouverneurs , à l'égard du peuple en général , ni par aucune des sectes non-conformistes , à l'égard les unes des autres.

Je ne puis donc m'empécher d'espérer que le discours suivant, où ce sujet est «traité assez brièvement, mais pourtant avec plus d'exactitude qu on n'y en avait encore mis, et où l'on démontre à la fois lequité et la possibilité de l'exécution du moyen proposé, sera considéré comme très-convenable aux circonstances présentes , par tous ceux qui ont assez de grandeur d'ame pour préfércar le véritable intérêt public à celui d'un parti.

C'est pour l'utilité de ceux qui ont déjà ce généreux seiitiment, ou pour l'inspirer à ceux qui ne l'ont pas, que j'ai traduit cet écrit dans notre langue. Mais il est lui-même trop court, pour comporter une plus longue préface ; je le livre donc à la réflexion de mes compatriotes , et je souhaite de tout mon cœur qu'ils puissent en retirer l'utilité que l'auteur paraît avoir eu en vue en le composant.

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Monsieur, •

X uiSQUE VOUS jugez à pl'opos de me demander quelle est mon opinion sur la tolérance que les différentes sectes des chrétiens doivent avoir 4es unes pour les autres, je vous répondrai franchement qu'elle est, à mon avis, le principal caractère de la véritable Église. Les uns Ont beau se vanter de l'antiquité de leurs charges et de leurs titres, ou de la pompe de leur culte extérieur; les autrefe , de la réformation de leur discipline , et tous en général, de l'orthodoxie de leur foi (car chacun se croit orthodoxe); tout cela, dis-je, et mille autres avantages de ciette nature ^ sont plutôt des preuves de Tenvie que les hommes ont de dominer les uns sur les autres, que des marques de l'Église de Jésus-Christ. Quelque justes prétentions que l'on ait à toutes ces prérogatives, si l'on manque de charité, de douceur et

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de bienveillance pour tout le genre humain en général, même pour ceiy: qui ne sont pas chrétiens, à coup sûr, l'on est fort éloigné d'être chrétien soi-même. «lies rois des nations dominent sur *i elles, disait notre Seignejur à ses disciples; mais « il n'en doit pas être de même parmi vous (i). » Le but de la vraie religion est tout dutre chose : elle n'est pas instituée pour établir ijne vaine pompe extérieure, ni pour mettre les hommes en état de parvenir à la domination ecclésiastique, ni pour contraindre par la force; elle nous e$t plutôt donnée pour nous engager à vivre suivant les règles de la vertu et de k piété. Tons ceux qui veulent s'enrôler sous l'étendard de Jésus-Christ doivent d'abord déclarer la guerre à leurs vices et à leurs passions. C'est en vain que l'on prend le titre de chrétien, si l'on ne travaille à jse sanctifier et à corriger ses mœurs; si Ton n'^st doux, affable et débonnaire. «Que tout « homme qui prononce le nom du Seigneur s'é- « loigne des sentiers de l'iniquké (a), m

« Lors donc que vous serez revenu à vous-même , a disait noti*e Sauveur à saint Pierre, affermissez u vos frères (3). d En e£Fet, un homme, à qui je

(i) Luc, XXII, 25, 26.

(2) Epist. II., ad Timoth. II y 19.

(3) Luc, XXII, ^.

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vois négliger son propre salut, aurait bien de la peine à me persuader qu'il s'intére'sse beaucoup au mien ; car il est impossible que ceux qui n'ont pas embrassé le christianisme du fond du cœur, travaillent de bonne foi à y amener les autres. Si l'on peut compter sur ce que l'Évangile et les apôtres nous disent, Y on ne saurait être chrétien sans la charité et sans cette /bi qui agit par la charité (i), et non point par le fer et par le feu. Or, j'en appelle ici à la conscience >de ceux qui persécutent, qui tourmentent, qui ruineiiÈ^et qui tuent les autres sous prétexte de religion, et je leur demande s'ils les traitent de cette manière par un principe d'amitié et de tendresse. Pour moi^ je ne le axnrai jamais^ si ces furieux zélateurs n'içn agissent de ménïe envers leurs parents et leurs amis, pour les corriger des péchés qu'ils coimnettent^ à la vue de tout le monde , contre les préceptes de l'Évangile. Lorsque }e les verrai poursuivra par kier et par Je feu les membres de leur propre communion , qui sont entachés de vices énonaaes , et en danger de périr éternellemenC, s'ils ne se repentent; quand je les verrai employer ainçi ies ^tourments ^ les supplices et toutes sortes de ^cruautés, comme des marques de leur amour et du zèle qu'ils ont pour le salut dés

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(i)" Ad Gai. V. 6.

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âmes; alors» et pas plutôt, je les croirai sur leur parole. Car, enfin, si c'est par un principe de charité et d'amour fraternel, qu'ils dépouillent les autres de leurs biens, qu'ils leur infligent des peines corporelles, qu'ils les font périr de faim ) et de froid dans des cachots obscurs, en un mot, qu'ils leur ôtent la vie, et tout cela, comme ils le prétendent, pour les rendre chrétiens et leur procurer le salut ; d'où vient qu'ils souffrent que t injustice^ la fornication^ la fraude^ la malice et plusieurs autres crimes de cette nature, qui, au jugement de l'apôtre, méritent la mort ( i ), et sont la livrée du paganisme, dominent parmi eux €t infectent leurs troupeaux? Sans contredit, tous ces dérèglements sont plus opposés à la gloire de Dieu , à la pureté de l'église et au salut des âmes , ,que de rejeter, par un principe de conscience, quelques décisions ecclésiastiques ,**ou de s'abstenir du' culte public, si d'ailleurs cette conduite est accompagnée de la vertu et des bonnes mœurs. Pourquoi est-ce que ce zèle brûlant pour la gloire de Dieu , pour les intérêts de l'église et le salut des âmes, ce zèle qui brûle à la lettre et qui emploie le fagot et le feu, pourquoi, disje, ne punit -il pas ces vices et ces désordres, dont tout le monde -reconnaît l'opposition for-

(i) Ad Rom. I, ^9, etc.

m^mar B ifci J

SUR LA TOLiKAWCE. l^^

melle au christianisme ; et d'où vient qu'il met tout en oeuvre pout introduire des cérémonies , ou ponr établir des opinions ; qui' roulent, pouf la plupart, sur des malièl*eî5 épineuses et délicates, qlii sont au-dessus de' ïa portée du commun des hommes? L'oA ne'siaura àu'aû dernier jour, lorsque la cause de la 'Séparation qui est entre les chrétiens, viendra^à^étt*e jugée, lequel des partis opposés a eu raîsbn dans ces disputes , et lequel d'eux a été coupabîe de schîèmé bu d'hérésie; si c^est le parti dôtninànt, bu celui qui sou£Fre: Assurément ceùi'qûiimvèrit Jésus- Christ, qui embrassent sa doctrine et qui portent son joug, ne seront point alors jugés hérétiques, quoiqii'ils aient abandonné père et mère, ef qu'ils aient renoncé" aux assemblées publiques et aux cérémonies de leur pays, ou à toute autre chose qu'il vous plaira.

D'ailleurs, supposé que les divisiins qu'il y a •entre les secteç, forment de grands obstacles au salut dés aines, l'on ne saurait nier, avec tout cela, que «Tadulltère (i), la fornication, l'impua reté , l'idolâtrie , et autres choses semblables , ne « soient des œuvres de la chair; et que l'apôtre « n'ait décl^ifé, en propres termes, que ceux qui

(i) Ad Gai., V. 19 à 21.

i40 i^f^ttrï:

«de pieu, «^Ççjst.ppurqiffti tj9ate p^r^n^e qui s'intér^^pçj <Jej30ï^pe|pi.pqHr,le rojaume del)iei9 , et qui.crpitqM'il.es];4£ 6^9^ dev^oic. d'en ^tendre Jes borpes.p^rj^i I^$i hooimes , doit, s'appliqvier avec afit^p^ de. spiji. et j4'^iylii&tf^ à. dérf^dner tous cejs vic.es, qu'à ej^ttiyper, les spct^St.Mais s'il en agit d'im^Ç, aufrejin^ajiiiçjrp, et,sip pe^d^^^ q^'^^ est çruçî^et ^ inaplap^blç; , e^yers €^^x, qui qç. sont pas d^ S9^^ op^i^io^ ^ i\ a 4e. l'indulgence .pour les vices et les c^régleipei^t^., qui, vp^t à ,1a .r^ine ^u christiani^ip^,} qu^ c,et ^omjççç.sÇjpare, ta^^.q^'îl voudra^ du ^ nom de l'Églisp, il fait vçif^parjses

actions, qu'il a Içju^^, ^yf\^^- ^^^P^i^^WP^i^ '^P^ que celui d\i, règjiçt de- Jçsps-CJhrist,

J'avoue qu'il me paraît;, fqrf étrange (et je ne crqispas être,le seul de* mon ayjuç ) , qu^'uu )iQç;u;rvç, qui souhaite avec; ardç^UjT je paJ,i^t d;e spn s^mblaj^, le fasse ejtpirer au miliep .des,tovirm,çn1j9, lors même qu'il n'est .pas converti, Mai^ il ,n'y.a pi^spnne ,jç m'assure, qui puisse croire, qu'iuije tçjlç. conduite parte d'ur^fqnd dç chai;^^,, d'an^pur oiir de bienyeULançe. Si quelqu'un ^Qulj^ut qu'on ^oit contraindre les homnjes , pai; le fçp .ef: par le feu ,

à. recevoir de cfertaii;is.d9gnpi.ç?ii et à ^e confor^nep. à tel ou à tel culte extérieinr, sans aucun égard à leur manière de vivre; si, pour convertir ceux qu'il suppose errants dans la foi^, il le& réduit à

SUJR LA TOLÉRANCE. it^']

professer de bouché ce qu'ils rie croient pas, et qU^il leiir periïieUe la pratique des choses même qUfe l'Évangile défend; on ne saurait douter qu'il n'ait envie de voir une assemblée nombreuse, udië daii^ la même profession qiie lui^ Mais' que sdn^but (itîrièipal soit de. composer par là une église vraiiriënt chrétieiine, c'est ce qui est toiità-Êiit incrbyable. Oh ne saurait donc s*étonner, si ceux qui rie ti^availlènt pas de bonne foi' à ravatricemerit de là yrkîè rtelîgton et de Téglisè de Jésuè-Chriét, erii ploient des arni es contraires à' TuSagè dé là lïîilîçe chrétienne. Si\ àVexémpIe dû cfeipitàîrié dé riotre' salué', ils souhaitaient avec aï^ieWr de sauver' les hommes, ilâ marcheraient stfr' ses traces, et ils imiteriaiént là conduite de cé/j3rincé de paix, qui, iôrs qtfit envoya ses soldata, pour' subjûguéif' lès nationâ et les faire entrer dans soit é'glise, ne lé^ ariria ni dépées, ni d'aucun instrument de cbritraînte , mais leur dôriri'à polir tout appareil l'éVangile dé paix , et la sainteté exemplaii^e des hi(feui*s. C'était là sa niéthode. Quoique, à vrai dire, si 4és infidèles devaiterit être convertis pai'la fotce', si les aveugleS où' les obstinés devaient être amenés à la véHté par des artriéfes*de soldats i il lui (était beau-' coup plus faeilé d'en venir à bout avec des légibrts célestes , qu'aucuny?/^ de Têgîis€\ quelque pirisSànt qùHl* soit, avec Xo\x% ses dragons ,

JO

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La tolérance, en faveur de ceux qui difiEèrent des autres en matière de religion, est si conforma à l'évangile de Jésus - Christ, et au sens commun de tou« les hommes, qu'on peut regarder comme une chose monstrueuse, qu'il y ait des gens assez aveugles , pour n'en voir pas la nécessité et l'avantage , au milieu de tant de lumière qui les environne. Je ne m'arrêterai pas ici a accuser l'orgueil et l'ambition des uns, la passion et le zèle peu charitable des autres. Ce sont des vices, dont il est presque impossible qu'on soit janiais délivré à tous égards ; mais ils sont d'une telle nature , qu'il n'y a personne qui en veuille soutenir le reproche, sans les pallier de quelque couleur spécieuse , et qui ne prétende mériter des éloges, lors même qu'il est entraîné par la violence de ses passions déréglées. Quoi qu'il en soit, afin que les uns ne couvrent pas leur esprit de persécution et leur cruauté antichrétienne, des belles apparences de Tintérêt public, et de l'observation des lois; et afin que les autres , soui^ prétexte de religion , ne cherchent pas l'impunité de ieur libertinage et de leur licence effrénée , en un mot , afin qu'aucun ne se trompe soi-même ou n'abuse les autres, sous prétexte de fidélité envers le prince ou de soumission à ses ordres , et de scrupule de conscience ou de sincérité dans le culte divin; je

crois qu'il est d'ane nécessité absolue de distinguer ici, tivec toute l'exactitude possible, ce qui regarde le gouvernement cwil^ de ce qui appartient à la religion y et de marquer les justes bornes qui séparent les droits de F un et ceux de F autre. Sans cela , il n'y aura jamais de fin aux disputes qui s'élèveront entre ceux tjui s'intéressent, ou qui prétendent s'ihtéresser, d'un côté au salut des âmes, et de l'autre au bien de l'état.

L'état, selon mes idées, est une société d^hom-mes instituée dans la seule vue de rétablissement y de la conservation et de Vavancemcnt de leurs

IWTIÊRÉTS CIVILS.

J'appelle intérêts civils ^ la vie, la liberté, la santé du corps; la possession des biens extérieurs, tels que sont l'argent , les terres, les maisons, les meubles , et autre choses de cette nature.

Il est du devoir du magistrat civil , d'assurer , par l'impartiale exécution de lois équitables , à tout le peuple en général, et à chacun des sujets en particulier, la possession légitime de toutes les choses qui regardent cette vie. Si quelqu'un se hasarde de violer les lois de la justice publique, établies pour la conservation de tous ces bie^s, sa témérité doit être réprimée par la crainte du châtiment, qui consiste à le dépouiller, en tout ou en partie, de ces biens ou inté-

iBo LETTRE

rets civils ^ dont il aurajit pu et jfïêm^ dû Jouir s^ns cela: Mais càmi9,e il n'y a pe^rsoijine qpi souffre volontiers d'éjtre privé d'ui^ partie de ses biens, et encore moiqjs de sa lil>.erté .ou de sa vie, c'est aussi pour cejtte raisQp que le magistrat est arp.é de 1^ Fojrce réuniie de tous sfi^ sujets, afm de punir Cfaux qui violent: les droits des autres. /

Or, pour se convaincre que la juridiction du magistrat 'se termine à ces biens temporels , et que tout pouvoir civil est borné à l'unique soin de les maintenir et de travailli^r à leur augmea* tation, sans qu'il puisse ni qu'il dpive en aucune manière s'étendre jusques au salut des âmes; il suffît de considérer les raisons suivantes, qui me pai*aissent démonstratives.

Premièrement , parce que Dieu n'a pas comr mis le soin des âmes au magistrat civil, plutôt qu'^ toute aptre personne , et qu'il ne parait pas qu'il ait jamais autprisî^é aucun hpmtpe à forcer les autres de recevoir s^ religion. Le consenier ment du peuple mêrae ne saurait dopuer ce pouvoir au magistrat; puisqu'il est «commet impossible qu'un homme abandonne le soip de soja salut jusques à devenijç aveugle lu.i-ixi,êixie et à laisser au choix d'un autrç, soit p]:ince ou sujet, de lui prescrire l;a foi ou le cuke qu'il doit emr

iMriÉMMaairtMHlMilfa

éÊÊm

SUR LA TOLERANCE. i5l

brâsser.'Gar il rfy a persfôhlie 'qui puiàse , qùàilU îl le t(ïttApàït<, régler sa foi surîes préctepVe^ d'titt atttre. Toute l'essence et la force de la vraie religion consiste dans la persuasion absolue eit intérieure de l'esprit : et la foi n'est ^lus foi, si l'oii tië croit pôlttt. Qu'elques dogtnes que l'on isùive, à quelque tultte éxtérlëiii* (j[lie l'oii se joigne, si l'cJn „» nVst plteihëment bdnvaliicu (Jlié fces dogmeis sbht vraiis, tet que clé culte éist igMàble â Dieu, bieii loin qtiSe ceis dbgtnes et be tiilte contribiient à notre salùt ^ ils y metlfetit dfe gràtids oBstaiclek. Eil effet, si iibiiâ servdiis le Créateur d'une tna^nièt-e que nous savons ne lui être pas âgtéable, au Heu d'ëipiet noé péchés par ce service , iidus éfî eoititnettotis dé nouveaux , et tious ajdutous à lèut nbinbt'é rhy[)6cri^îe et lé niëpris de sa majesté sduvèraiiie.

En second Hert, lè soin des simes ne sàttrait appartenir au magistrat civil , parce <^në son pouvoir est borné à là forcé extérieure. Màfis la vf^ie reKgion consiste , comme nous venons de lè remarquer, dans la pèt-suasion îhtérie'ui'e de l'eéprît , sans laquelle il est impossible dé plaire â • Dieu. Ajoutez à cela que notre entendement est d?une telle nature , qu'on ne saurait le porter à croire quoi que ce soit^ pair la contrainle; Là* confîscatioù dèis biens , lés éaéhôts ,* iVîâ f ôVn^ttferits

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et les supplices , rien de tout cela qe peut altérer ou anéaiiltir lej'ugeinent intérieur que nous faisons des chosfs.

On me dira sans doute , que « le magistrat peut a se servir de raisons^ pour faire entrer les héré- <c tiques dans le chemin de la Vérité , et leur pro- (i curer le salut ». Je l'avoue ; mais il a cela de commun avec tous les autres hommes. En instruisant, enseignant et corrigeant par la raison cenx qui sont dans l'erreur, il peut sans doute £aire ce que tout honnête homme doit faire. La magistrature ne l'oblige à se dépouiller ni de la qualité d'homme, ni de celle de chrétien. Mais persuadér ou commander, employer des arguments ou des peines, sont des choses bien différentes. Le pouvoir civil tout seul a droit à l'une, et la bienveillance, suffit pour autoriser tout homme à .l'autre. Nous avons tous mission d'avertir notre prochain que nous le croyons dans Feri^eur, et de l'amener à la connaissance de la vé* rite par de bonnes' preuves. Mais donner des lois, exiger la soumission, et contraindre par la force, tout cela n'iappartient qu'au magistrat seul. C'çst aussi sur ce fondement que je soutiens, que le pouvoir du magistrat ne s'étend pas jusques à établir, par ses lois, des articles de foi, ni des formes de. culte religieux. Car les lois n'ont aucune vigueur sans les peines; et les

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