CHAPITRE Y
IIe Pror. Qu’encore que tous les êtres raisonnables soient obligés d'observer ces devoirs éternels de la morale, même indépendamment de la volonté positive de Dieu, et antécédemment au commandement qu’il en a fait, il y a pourtant une considération qui redouble l’obligation indispensable qui leur est imposée de les pratiquer; c’est que Dieu étant nécessairement juste et bon dans l’exercice de cette puissance infinie qu'il déploie dans le gouvernement de Punivers, il ne peut s'empêcher d’exiger positivement que toutes les créatures raisonnables soient pareillement justes et bonnes, à proportion des facultés qu’il leur a données, et des circonstances différentes dans lesquelles il les a placées, le tout fondé sur la nature des choses, sur les perfections de Dieu, et sur plusieurs autres raisons collatérales. C’està-dire que ces devoirs éternels de la morale, qui de leur nature sont réellement et toujours obligatoires , le sont aussi en vertu de la volonté expresse de Dieu et de sa loi immuable; de sorte que toutes les créatures raisonnables les doivent observer avec toute l’exactitude dont elles sont capables, par respect pour son autorité souveraine, aussi bien qu’en conformité à la raison naturelle des choses,
Cette seconde proposition est très-évidente et n’a pas besoin d’être prouvée en détail.