‹ Œuvres philosophiques de Samuel ClarkeChapitre 133 sur 154 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

III° Pror. Qu’encore que toutes les créatures raisonnables soient dans une obligation indispensable d'observer les devoirs éternels de la morale, antécédemment à aucune vue de récompense ou de punition, c'est une nécessité pourtant qu’il y ait des récompenses et des peines affectées à l’observation ou à l’inobservation de ces devoirs. Car les” mêmes raisons qui prouvent que Dieu est nécessairement juste et bon, et que sa volonté immuable , suivant laquelle il faut que tous les êtres se gouvernent, est toujours conforme aux règles de la justice, de l'équité et de la bonté, ces mêmes raisons, dis-je, prouvent aussi qu’il ne peut s’empècher d'approuver la conduite des créatures qui limitent et qui lui obéissent en se conformant à ces règles, et qu’il doit au contraire désapprouver celles qui s’en éloignent. D’où il s'ensuit qu’il doit, de manière ou d’autre, en agir fort différemment avec elles à proportion de leur obéissance ou de leur désobéissance, et manifester son pouvoir absolu et son autorité suprême, en maintenant la majesté des lois divines, et en punissant ceux qui les transgressent, d’une manière qui réponde à sa qualité de juste gouverneur et d’arbitre souverain de l'univers.

Cette troisième proposition est aussi en un sens évidente par elle-même. :

1. Car premièrement, si Dieu (comme il a été démontré cidessus } est un être infiniment bon, juste et saint , et si les mêmes raisons qui prouvent qu'il possède nécessairement ces perfections, prouvent de plus qu’il doit positivement vouloir que les créatures raisonnables se gouvernent selon les règles de la justice, de la bonté, de la vérité et de la sainteté : si, dis-je, tout cela'est vrai, comme il n’en faut point douter, les mêmes arguments qui ont servi à le prouver montrent aussi que cet être souverain doit nécessairement aimer les créatures qui limitent en se conformant à ces règles, qu'il doit leur donner des marques de son approbation, et qu’il doit au contraire désapprouver celles qui tiennent une conduite opposée. Or, s’il en est ainsi, il est

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