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INTRODUCTION. xxx vi)
contre toute violation flagrante du bon sens et de la dignité morale de l’homme. Tel est le rôle de Clarke dans l’histoire ; il le désigne à notre estime, sinon à notre admiration. Du reste, la lecture de ses livres, sans fortifier beaucoup l'esprit,
calme et rassure l'âme, quelquefois troublée et épouvantée | par ces prodigieux égarements de l’esprit philosophique , dont l’histoire de la philosophie nous déroule le triste. spectacle. Si l’on peut apprendre, par l'exemple, avec Spinoza ou Hobbes, cette pénétration d'analyse et cette rigueur de logique qui’ pousse tout principe à bout et ne s'arrête que dans l'extrême absurdité, on apprend, en lisant Clarke, que la folie n’est pas l'accompagnement obligé de toute spéculation philosophique , et qu’on peut garder la raison en touchant aux problèmes de la méta-
physique. À l’une de ces lectures, l’esprit gagne de EPS
force, de l'étendue à l’autre ; et de toutes les deux ensemble , il retire cette leçon : que le bon sens et la logique, que l'exactitude et la profondeur ne valent rien séparément , et qu’il faut, en conséquence, les allier. Leçon plus facile assurément à donner qu’à suivre, mais à la pratique de laquelle l'étude de l’histoire de la philosophie, la lecture patiente de tous ses grands monuments , est la
seule préparation efficace. A cause de cela surtout, l’histoire de la philosophie est l'indispensable moyen d’une …
forte et véritable éducation philosophique.
Clarke a été traduit en français par Ricotier, dans la à
première moitié du dix-huitième siècle; cette estimable traduction , sans être irréprochable , suffisait à notre but, et nous l'avons réimprimée, sans y changer rien. Seulement, nous avons ajouté au contenu de l'édition de Ri-
cotier, une lettre intéressante de Clarke sur l’immortalité
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XXXV INTRODUCTION. | de l’âme, et nous en avons retranché tout ce qui est ex-
clusivement théologique. Il ne nous appartient pas de juger des preuves de fait alléguées à l'appui de l’authen-
ticité des livres saints et nous voulions nous en tenir au
pur philosophique. Pour cela, il ne nous à fallu faire à Clarke aucune violence; la séparation que nous avons effectuée est toujours très-nettement marquée par. luimême dans ses écrits. Il ne mêle jamais les principes de la religion naturelle aux dogmes de la religion révélée; il regarde la raison comme indépendante de la foi, et même comme antérieure à la foi, puisqu'il démontre presque constamment la nécessité et la vérité de celle-ci, par l’autorité et les décisions de celle-là.