‹ Œuvres philosophiques de Samuel ClarkeChapitre 141 sur 154 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

De l’immortalité de l’âme et de quelques autres arguments qui prouvent aussi la certitude d’un état futur de peines et de récompenses.

L’argument dont je me suis servi dans le chapitre précédent pour établir la certitude des peines et des récompenses d’une vie à venir, est certainement le plus considérable et le plus fort de ceux que les lumières naturelles sont capables de nous fournir ; mais ce n’est pas le seul. Il y en a d’autres encore qui ne contribuent pas peu à persuader fortement la raison humaine de cette importante vérité. |

ar? DE LA RELIGION NATURELLE.

Premièrement, quand on mettrait à part les preuves de l’immortalité de l’âme prises des attributs de Dieu, quand on ne ferait aucune attention aux arguments que nous fournissent là-dessus, et le système général du monde, et l’ordre universel, la constitution, la connexion et la dépendance des choses, je pose en fait que la considération de la nature de l'âme elle-même nous donne tout lieu de croire qu’elle est immortelle. Aussi voyons-nous que cette vérité a été communément reçue dans tous les siècles et dans tous les pays du monde *. Les savants et les ignorants, les peuples les plus civilisés et les plus barbares se sont tous accordés à la croire. C’est une tradition si ancienne et si universelle, qu’il n’est pas concevable qu’elle doive son origine, ni au hasard, ni aux vaines imaginations de l’homme, ni à aucune autre cause qu’à l’auteur même de la nature. Dans tous les lieux où la philosophie a été cultivée, les plus habiles et les plus éclairés ont généralement fait profession de croire que l’immortalité de l’âme peut être démontrée par la considération de sa nature et de ses opérations. En effet, j'ai démontré clairement dans mon premier ? discours qu'aucune des qualités connues de la matière , de quelque manière qu’on l’arrange, qu’on la divise et qu'on la compose, ne saurait produire le sentiment, la pensée et le raisonnement. D’un autre côté, tous les philosophes conviennent que la matière est composée de parties innombrables, divisibles, séparables, et la plupart du temps actuellement désunies. On ne saurait outre cela nier que les facultés de l’âme, étant aussi éloignées et aussi différentes des propriétés connues de la matière qu’il soit possible d'imaginer, ce ne soit pour le moins faire violence à la raison que de se figurer que les unes et les autres ont été communiquées à une seule et même substance par une puissance infinie.'Il faut reconnaître enfin que c’est

‘ & Et primum quidem omni antiquitate, eic.» Cic., Tusc. quest.,

Hip. I.

2 Chap. VIII. Voyez aussi la lettre de l'auteur à M. Dodwel,

LA

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