CHAPITRE VIIE 5 D à
exact et sévère, et qu'il serait absous ou condamné sans injustice ni partialité, selon qu’il aurait fait ou bien ou mal dans ce monde. Il est vrai que les poëtes avaient étrangement défiguré cette doctrine par les fables et les énigmes obscures dont ils l’avaient enveloppée; mais les plus sages d’entre les philosophes ne laissaient pourtant pas d’en avoir des idées assez saines et assez raisonnables. « Que personne, « dit * Platon, ne se flatte de pouvoir se soustraire à ce juge- «ment; Car, quand vous descendriez jusqu’au centre de la «terre, ou que vous monteriez jusqu'au plus haut des « Cieux, vous ne sauriez échapper le juste jugement des « dieux, soit pendant la vie, soit après la mort.» Paroles qui reviennent, peu s’en faut, à celles du Psalmiste, CXXXIX, 8, 9.
Ce sont là des arguments très-forts et très-solides qui rendent la vérité du jugement à venir tout à fait probable. Mais celui qui est pris des attributs moraux de Dieu est plus considérable, et vaut presque une démonstration.
! Praro, de Legib., lib. X.