VERRE
ÿË
De même, quand je dis que le nombre vingt est formé de parties de même genre que le tout, il est évident que je n’entends pas qu'il est formé de plusieurs vingtaines, mais qu'il est formé d’autres nombres qui sont de même genre que lui, dans le sens que tous nombres sont de même genre, et peuvent être parties l’un de l’autre. Or, nombre et son, ou nombre et couleur , ne sont en aucun sens de même genre et ne peuvent être parties l’un de l’autre; donc nombre ou figure, mouvement ou grandeur ne saurait être partie d'une pensée. 3
De même encore, quand je dis que la rondeur ou figure
* — sphérique, ou toute autre figure d’un corps doit nécessaire-
ment être la somme des qualités de même genre inhérentes aux différentes parties, il est clair que je n’entends pas plus affirmer que la rondeur est formée de plusieurs rondeurs, que j'entends affirmer que le nombre de vingt est formé de plusieurs vingtaines, ou que le mouvement d’un pied. cube de matière est formé des mouvements de plusieurs pieds cubes, mais que mon dessein est d'affirmer que la totalité d’une figure ronde doit être nécessairement formée de parties de rondeur qui sont toutes de mème genre qu'elle; tout de même que les nombres qui font partie du nombre vingt sont de même genre que le tout, et que les mouvements des petites parties d’un pied cube de matière, qui sont parties du mouvement du tout, sont de même genre que le mouvement entier. Or figure « tout ce qui n’est pas figure, n’est en aucun sens du même genre; donc rien de ce qui est privé de figure ne saurait être partie de quelque figure que ce soit ; rien de ce qui est en particulier privé de courbure ne saurait être partie d’une circonférence ronde, rien de ce qui est privé du degré particulier de courbure qui forme un cercle d’un certain diamètre déterminé, ne saurait être partie de la circonférence de ce cercle, et rien de ce qui est privé de pensée ne saurait être partie constituante d’une pensée.
De tout ceci il paraît clairement que votre distinction de
pouvoirs génériques et numériques ne sert de rien à votre cause ; Car les puissances que vous appelez numériques doivent aussi être nécessairement des collections de puissances de même genre que celles que vous appelez génériques. Il est aussi évident que la figure ronde d’un globe, j'entends sa superficie , est la somme des surfaces convexes de ses parties externes, et que sa figure solide est la somme de toutes ses parties solides prises ensemble et considérées comme au- ; tant de voussures concentriques ou telles autres figures qui F peuvent être parties constituantes du contenu solide d’un 4 globe ; cela , dis-je, est aussi évident, qu’il est évident que le À mouvement d’un globe est la somme des mouvements de ses parties; et la convexité extérieure de ses parties externes, ainsi que la rondeur concentrique de ses parties internes sont | autant du même genre que la rondeur ou figure sphérique entière dont elles sont, pour ainsi dire, les pièces , que les mouvements ou grandeurs différentes et distinctes de ses parties sont du même genre que le mouvement ou la grandeur entière qu’elles constituent. Car pourquoi un demi-cercle ou l’arc d’un quart de cercle ne serait-il pas de même genre que la circonférence d’un cercle, et les figures rondes concentriques ou toutes autres figures qui peuvent être par— ties constituantes du contenu solide d’un globe, ne seraïentelles pas de même genre que la figure du globe, autant que le mouvement ou la grandeur des parties d’un pied cube de matière est de même genre que le mouvement ou la grandeur du pied cube entier ?
Pour dire la vérité, nulles autrés puissances que des puissances numériques ne doivent, à parler exactement, point du tout entrer en considération dans la question présente. Car les puissances génériques, en tant que génériques , ne diffèrent point des universaux, et n’existent que dans l’imagination qui considère et compare divers objets particuliers dans les individuels eux-mêmes, en qui seuls les puissances existent réellement ; elles ne sont point générales , elles ne sont