CHAPITRE IX
VIII: Pror, Que l'Étre existant par lui-même est un Etre intelligent,
Cest sur cette proposition que roule le fort de la dispute entre les athées’ et nous. Qu'il y ait un Être existant par luimême, et que cet Être existant par lui-même soit éternel, infi et | la cause originale de toute chose, ce sont toutes propositidns ‘Wujsne souffrent pas crañdes constatiohe. Mais il n'y à! ‘point d’athée, soit qu’il croie le monde éternel, eu égard à la forme aussi bien.gu’à la matière, soit qu’il se retranche à dire que. la matière seule est nécessaire et que la forme est contingenté’à il n’y a point d’athée dis-je, quelque hypothèse qu'il Mute qui n'ait toujours soutenu gt qui ne Soit obligé de soutenir er ce indirectement que : l'Être existant par lui-même n'est pas un être: intelligent, et qui ne dôive lg concevoir sur le pied | d’un être purement matériéF et sans action, ou Corhme -un agent écessaire, ce | qui revient au fond à la même cho& : car un nt qui n’agit pas librément mais nécéssnréinettt. doit être ou dépourvu de toute äntelligence, et c’est dans ce ‘sens grossier que les anciens âthées l'ont entendu , ou son ytelligence doit être® sans chak, sans volonté et sans liberté. C’est le parti que Spinoza etquelques modernes ont cr devoir prendre. Mais le sens coumèn : nous dicte qu'autant vaudrait-il ne lui point
56 DE L’EXISTENCE DE DIEU. i donner d'intelligence, que de lui en attribuer une avec ces. restrictions. J'avoue qu’il n’est pas possible de démontrer d’une manière directe a priori, que l’Être existant par luimême n’agit pas par cette nécessité aveugle et sans la connaissance dont je viens de parler, ni que ce soit un être, à parler dans toute la propriété et l'exactitude des termes, intelligent et réellement actif. La raison en ‘est que nous ignorons en quoi l'intelligence consiste, et que nous ne pouvons pas voir qu’il y ait entre l’existence par soi-même et l’intelligence la même connexion immédiate et nécessaire qui se trouve entre cette même existence et l’éternité, l'unité, l’infinité, etc. ; mais a posteriori, il n’y a presque rien dans le monde qui ne nous démontre cette grande vérité, et qui ne nous fournisse des arguments incontestables qui prouvent . que le monde et tout ce qu’il contient est l’effet d’une cause
souverainement intelligente et souverainement sage. Je dis en premier lieu que puisqu'il y a manifestement dans Fe nur parties dont l’univexs est composé, des qua- lités #ffférentes, Uifférenggs” beautés etgdifféragts#egfés de perfection: et que puisque dans Pordré naturel des éhoses, la cause doit,être tofjouxs plus æxcellente que l’effg, c’est une conséquence nécessaire, qu'il faut que l'Être ékistant par lui-mê feel étant, quel qu'il so l'original de toutes , Choses ), possè e dans le fs häut desrsféminen : toutes les perféctions de tous leS êtres, Je ne me serYiraip#$, pour le ere de-cettaison, que ce qui existe par soi-même, « doit être revêtu de toutes les perfectiôns pogsibl ; a chose - en elle-même est très-centaimer; majs#lle est d’une fature à ne pouvoif Æffe bien déffontrée a‘prfort. Je n'insisterai donc que sur ceci : qu'il est impossible que leffe "Soit revêtu d'aucune perfection, qui ne &e -trouve ausé danstha cause. æSil était possible qu cela fût, il faudrait dite que tte perfection hit M dnite par riéh, ce qui impifque visiblement contradictiongOr, il est évident queun êtge: qui n’est pas intelligent, ne possède pas toutes les perféctigps de tous
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