CS
De
CHAPITRE IX. 57 les êtres qui sont dans. univers, puisque. l'intelligence est une de ces perfections. Donc toutes. choses n ‘ont pu tirer leur origine d’un être sans. intelligence ; et par conséquent l'Être qui.existe par lui-même et à qui toutes. choses doivent leur origine, doit nécessairement être intelligent.
Je ne vois pas, que l’athée puisse éluder la force victorieuse de cet argument, qu'en avançant l’une ou l’autre de ces deux choses : ou qu'il n’y à dans l'univers aucun Être intelligent; ou que l'intelligence n ‘est pas une perfection thai dun matière, mais un composé je ne sais quel, de figure et de mouvement, comme sont dans l'idée vulgaire les sons et les couleurs. Je n’ai besoin pour réfuter la première de ces évasions que d’en appeler à la conscience d’un chacun ;-ceux même qui ont fait tous leurs efforts pour prouver que les bêtes ne sont que de simples machines, n’ont pourtant jamais osé en dire autant. de l'homme non pas: même par voie de conjecture. La seconde de ces évasions (le grand fort pourtant de l’athéisme ) est absurde et impossibléau dernier point, comme je de ferai voir dans le paragraphe suivant. Mais supposé même que ce fût une vérité, il ne laisserait pas de suivre .inévitablement de cette supposition, que l’Être par lui-même devrait nécessairement être un Être intelligent ; j'en donnerai la preuve à la.fin de ce chapitre. En attendant que j en vienne là, je vais prouver qu’il n’est rien de plus absurde et de dde ridicule, que de dire que l'intelligence n’est pas, à parler proprement, une perfection distincte-de la matière, que ce n’est-qu'un simple composé de matière et de mouvement sans intelligence.
Je dis donc en second lieu, que puisque l homme en particulier est revêtu Mcontentalionant d’une faculté. que nous appelons pensée , intelligence, perception ou connaissance ; il faut de toute nécessité que cette faculté lui soit venue par. l'une ou par l’autre de ces trois voies, ou par la voie de la génération , et. alors il faudra supposer une succession éternelle de générations, une gradation d'hommes à l'infini sans
cause première et originale, dont aucun n'existera néCessairement, mais qui auront tous un être dépendant’ et emprunté; ou bien il faudra supposer que ces êtres doués de connaissance et de réflexion, sont sortis du sein d’une matière, en qui aucune de ces cHralitéé ne se trouve, c'est-à-dire qui n’est pas capable de connaissance ni de réflexion ; ou il faudra reconnaître enfin, qu’ils sont la production d’un Être supérieur et intelligent. Il n° y a point d’athée qui n’avoue que de ces trois suppositions, il faut nécessairement qu'il y en ait ‘une de véritable. Si donc je prouve que les deux premières sont fausses et impossibles, j'aurai par le même moyen prouvé démonstrativement la vérité de la troisième : ‘or j'ai . déjà démontré dans ma seconde proposition l'absuräité et l'impossibilité de la première. La seconde n’est ni moins ab- -surde ni moins impossible. Je le démontre de cette manière. Si la connaissance et la réflexion. sont des qualités ou, des perfections distinctes de la matière, et non pas un pur Composé de figure et de mouvement , ilest évident que des êtres doués de connaissance et de réflexion, n’ont pu être tirés du sein-d’une matière, en qui ces qualités ne se trouvent pas ; puisqu'il n’est pas possible qu'une chose communique à une autre une perfection qu’elle ne possède, ni actuellement, éminemment. Or la connaissance et la réflexion sont ds qualités ou des perfections distinctes de la matière, .et non pas un simple composé de figure et dé mouvement. Donc la connaissance et la réflexion n’ont pu sortir du sein de la matière destituée d'intelligence. Cette conséquence est de la dernière évidence ; car si une chose pouvait donner à une autre une perfection qu’elle n’a pas elle-même , il s’ensuivrait que cette perfection n'aurait été produite par rien : ce qui est manifestement contradictoire. On répliquera: peütêtre, comme a fait M. Gildon dans sa lettre à M. Blount !,
1 Oracles de la raison, page 186. Voyez aussi la Lettre de l’auteur: à
M. Dodwell, sur FPimmortalité de l’âme, avec les Réponses etles Répliques. | RC REE HARTTEPR