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terprète de la nature, et bornent son rôle à traduire, en
un langage précis et savant, ce que tout homme pense
confusément au dedans de lui, sans l'exprimer, ce que :
les mythes religieux proposent sous la forme de symboles, dont l'imagination offusque et voile la raison, ce que toute âme méditative conçoit clairement et sans effort. La philosophie forme une entreprise plus haute, qu’elle croit indispensable, que nous croyons inutile et même impos-
sible : celle de découvrir Dieu, en quelque sorte, de le.
prouver, de le démontrer. Klle s’est, pour cela, armée de logique, a construit cent arguments divers que l’école a recueillis, et qui sont le fruit de ses louables, mais vains efforts. On cherche Dieu, c’est donc qu'on le suppose inconnu; on le prouve, c'est donc que son existence est douteuse ; on le démontre, c'est qu'il en est question. Mais la question, c'est la philosophie qui l’a gratuitement instituée pour se donner la peine de la résoudre ; elle n'existe pas pour le sens commun, ou elle est résolue en fait, avant que d’avoir été posée, par toute intelligence saine que n’égarent pas de misérables préjugés. Dieu n’est pas inconnu, il n’est que mal et imparfaitement connu : son existence n’est pas douteuse, elle est enfermée dans l'idée que j'ai de lui, et elle ne se cache pas dans cette idée, en sorte qu’il faille l'en extraire et Ja mettre au jour
par la force du raisonnement ; l’acte intellectuel qui me
donne la notion de Dieu, est un acte de foi en son exis-
tence et la conception n’v est pas séparée de la crovance. : ÿ me
La philosophie brise cette unité; elle met à part l’idée, pure modification et peut-être création chimérique du sujet pensant ; à part l’objet, l'être, l'existence; puis, elle