XV] INTRODUCTION
puisse réunir, et alors, ou bien désespérant de découvrir ce lien, elle tombe dans un incurable scepticisme, ou bien, s'imaginant l'avoir trouvé, elle entoure sa reconstruction d’un appareil logique qui repousse les faibles et s'écroule, parce qu’il est artificiel, sous les attaques des forts. Get ‘attirail de syllogismes n'est-il qu'une affaire de forme ? Alors, pourquoi dissimuler sous les formes trompeuses du raisonnement discursif une suggestion immédiate de la raison, une vérité d’évidence, une certitude intuitive ? Ou bien, raisonne-t-on sérieusement au fond comme dans la forme; va-t-on du connu à l'inconnu ; tire-t-on d’un principe déjà admis une vérité nouvelle cachée dans ses replis ; déduit-on l'existence de Dieu de son idée, comme de la motion d’un triangle on déduit laborieusement l'égalité de ses trois angles à deux droits? Alors, je nie la valeur du raisonnement, et d'avance, je l’accuse de n'être qu’un cercle. Car, quel sera le principe? Apparemment quelque décision de la raison recueillie par la philosophie et érigée par elle en maxime universelle. Mais 1a raison qui prononce cette maxime ne la donne pas d’abord sous forme de principe abstrait et général ; elle la donne appliquée à des êtres réels et concrets ; le fait, tel qu'il se passe est celui-ci : je perçois un phénomène réel et je conçois sa cause réelle aussi; je conçois une cause réelle, mais contingente , et aussitôt je conçois encore par delà la cause, réelle encore, mais nécessaire de cette cause contingente ; je conçois Dieu, en un mot, et un Dieu actuel , réel, existant aussi bien et mieux encore, pour ainsi dire, que l'être contingent à propos duquel je lai concu. Ensuite, parce que j’apercois que cette conception de l'absolu en présence du relatif est une nécessité inévitable de