CHAPITRE XIII
XIIe Prop. La Cause suprême, l’Auteur de toutes choses , doit nécessairement posséder une bonté, une justice et une vérité infinies, et toutes les autres perfections morales qui conviennent au souverain gouverneur et au souverain juge du monde.
C'est ici ma dernière proposition. Elle porte en substance «que l’Être suprême doit nécessairement être infiniment bon , juste et véritable. » C’est ce qui me reste à prouver pour conclure ce discours. Je dis donc, pour cet effet, qu’il est aussi certain que les choses ont entre elles des relations différentes, qu'il est certain qu’il y a dans le monde des choses qui diffèrent les unes des autres. De ces différentes relations que les choses ont entre elles résulte nécessaire ment l'accord ou le non accord de certaines choses avec d’autres. C’est ce qui est encore aussi certain, qu’il est certain qu'il y a de la différence dans la nature des choses, ou que des choses différentes existent. J'ajoute qu’il y a de certaines circonstances qui conviennent à de certaines personnes et qui ne conviennent pas à d’autres , le tout fondé sur la nature des choses et sur les qualifications des personnes,
antécédemment à aucune volonté, ou à aucun établissement arbitraire ou positif. C’est de quoi il faut convenir malgré qu'on en ait, à moins qu’on ne s’avise de soutenir que dans la nature des choses et dans l’ordre de la raison, il est tout aussi convenable qu’un être innocent soit plongé dans une misère éternelle, qu’il est convenable qu’il en soit affranchi. Il y a donc, dans la nature des choses, des règles de convenance, et ces règles sont éternelles, nécessaires et immuables. C’est ainsi qu’en pensent toutes les créatures intelligentes, à la réserve de celles qui ont des idées fausses des choses, c’est-à-dire celles dont l’entendement est, ou imparfait, ou extrêmement dépravé. Or, c’est sur cette con-