CHAPITRE XIV
lumières et de toutes ses facultés à recevoir cette vérité capitale ; le consentement universel de tous les hommes, dans tous les temps et dans tous les lieux; en un mot, tout ce qui est en nous et tout ce qui est hors de nous ; tout, dis-je, forme une démonstration de l'existence de Dieu, si claire, si proportionnée à la capacité des plus simples, qu’il nv a point d'homme qui, portant sa vue sur les ouvrages de Dieu tant soit peu superficiellement, et faisant la moindre attention aux lumières de sa raison, ne connaisse cet Être suprême. De sorte que ceux qui, environnés de tant-de lumières, ne le voient pas encore, sont entièrement inexcusables. Je crois bien qu’il y a des gens qui ne sont pas capables d'entendre les subtilités des démonstrations métaphysiques qui prouvent l'existence de Dieu et ses attributs. Mais ces gens-là doivent, par la même raison, se tenir sur leurs gardes, et ne pas se laisser entraîner dans linfidélité par les sophismes des pyrrhoniens et des athées, auxquels ils ne sauraient répondre, parce qu’ils ne peuvent päs les entendre. Îl est de leur de= voir, au contraire, de donner leur consentement aux choses qu'ils connaissent, et de se rendre aux raisonnements qui sont de leur portée; or, ceux-là sont plus que suffisants pour satisfaire toute personne raisonnable, et pour influer sur là conduite de tout homme sage et judicieux.
Mais il y a plus que tout cela. Dieu s’est encore révélé à nous de la manière du monde la plus expresse et la plus claire, par le ministère de son propre Fils, notre Seigneur et notre Rédempteur, qu’il a fait descendre pour cet effet du ciel en terre : et par cette révélation proportionnée à la ca pacité d’un chacun, il a imposé silence à la vanité des SCEpP+ tiques et des profanes, et dissipé l'ignorance des plus simples, En nous révélant luismême ce qu’il lui à plu de nous faire connaître de sa nature et de ses attributs, il est allé au-devant de toutes les erreurs, dans lesquelles nous aurions pu être entraînés par la faiblesse de notre raison, par notre négligence et notre inapplication, par la corruption de notre
nature et par la fausse philosophie des hommes vicieux et profanes. En un mot, il nous a donné toute la connaissance dont nous avions besoin pour nous acquitter de nos devoirs dans cette vie, et pour nous rendre dignes de la félicité dans la vie qui est à venir. C’est ce qui doit faire la matière du discours suivant. Je n’en saurais dire davantage dans celuici, Sans sortir des bornes que je me suis prescrites.