DERNIÈRE LETTRE
MoxsiEUR,
C'est un sensible plaisir pour moi de trouver à présent que je vois bien plus clair que je ne l’aurais jamais espéré dans la matière épineuse dont nous nous sommes entretenus vous et moi. Je suis frappé de l'ouverture que vous m’avez donnée, que le dernier jugement de l’entendement ne peut pas avoir d'influence sur le pouvoir de se se mouvoir soi-même , parce qu’il n’y a aucune ressemblance entre une action et une perception de l'esprit, et que par conséquent il faut qu'il y ait quelque autre principe de mouvement interne absolument et indépendant de la faculté perceptive, et il me parait fort vraisemblable, comme vous le remarquez dans votre lettre, que la principale source de l'embarras de cette matière vient de ce qu’on ne distingue pas aussi clairement qu’on le devrait la faculté perceptive de l’active. Je ne vous proposerai donc plus rien là-dessus , et je laisserai le reste au temps et à des réflexions réitérées. Mais il y aurait de la stupidité ou une noire ingratitude à ne pas reconnaître l’honnêteté et l’aménité même de votre procédé à l'égard d’un inconnu que vous avez trouvé engagé dans la recherche de la vérité. Je ne vois-pas comment vous marquer les sentiments qu'il a produits en moi, avec toute la sincérité et la vérité qui les accompagnent, sans dire des choses qui assurément vous déplairaient; mais il faudrait que je n’eusse aucun goût pour ce qui est important et raisonnable pour manquer à l’estimer comme je dois. Je suis,
Monsieur, etc.