XII PREFACE
étonné si moi-même je suis pas à pas le saint Docteur, pour mettre en lumière ses vrais sentiments, et pour montrer eombien le traditionalisme s'est trompé grossièrement, quand il a voulu compter comme sien TAnge de rÉcole (i). Au reste, je n'entends imposer mes opinions à personne, ni leur donner Tautorité qu'elles n'ont pas et ne peuvent avoir; je me suis seulement proposé de soumettre au lecteur bienveillant les observations qui se sont présentées à moi quand j'ai étudié les principes du traditionalisme, observations que je tiens pour fondées sur la vérité, mais qui ne sembleront peut-être pas telles à tous. Que chacun en juge librement, je ne me tiendrai point pour offensé par ceux qui seront d'un autre avis. Enfin, je serai très reconnaissant envers quiconque aura la bonté de m'avertir si j'étais tombé en quelque erreur, et il me trouvera empressé à rétracter ce qui serait erroné oour me tourner de ffrand cœur vers la vérité. Je n'ïpfnore pas combien la question que j'entreprends de discuter est ardueet compliquée; je sais aussi combien généralement il est difficile de traiter de matières métaphysiques et de se préserver de tout faux pas; c'est donc un devoir de se défier de ses propres forces, et de remercier cordialement la main qui montre le péril et remet au vrai chemin.
(i) Je dois avertir ici que, tout en m'efForçant de faire voir que le traditionalisme est en contradiction avec la doctrine de saint Thomas ( ce qui explique les fre'quentes citations de cette doctrine qu'on lira dans cet écrit), j'ai évite' néanmoins, autant que la matière le permettait, de parler du système idéologique du saint Docteur, et que je me suis imposé la loi de garder un silence absolu sur les diverses et contraires interprétations qu'on fait aujourd'hui de ce système. Ne pouvant en parler qu'incidemment et non comme il l'eût fallu, il devenait nécessaire de n'en pas parler du tout, pour ne pas traiter la question par moitié. Que le lecteur ne perde pas de vue cet avis.