CHAPITRE I . I.E TRADITIONALISME
notre volonté dans les relations que nous avons avec Dieu, avec nous-mêmes, et avec nos semblables.
2. Source de nos idées. — Cette triple division objective de nos connaissances étant admise, on demande : De quels moyens la raison humaine a-t-elle absolument besoin pour s'élever à la connaissance de Dieu et du monde spirituel et moral, et pour réunir et harmoniser ainsi en elle-même les connaissances des esprits avec celles que lui fournissent les sens placés en contact avec le monde de la matière ? A quelles sources notre âme puise-t-elle les idées de ces deux mondes, puisque, en fait, la conscience témoigne qu'elles sont en nous ? Le traditionalisme, pour qui un immense intervalle sépare le monde matériel et sensible du monde spirituel comprenant Dieu, l'esprit créé et la morale, et pour qui c'est un principe que notre intellect est incapable de se former n'importe quelle idée universelle, quand l'imagination ne lui en fournit pas le phantasme (i) particulier, soutient l'absolue nécessité de deux sources pour nos connaissances : il veut la faculté active de l'intellect pour la connaissance des natures sensibles et matérielles, et la parole traditionnelle, organe de la révélation primitive, pour la connaissance de Dieu, de l'âme spirituelle et de la loi. « L'âme obtient les idées suivant la manière dont elle « se sert de ses facultés..., par la révélation primitive , trans- « mise à tout le genre humain, et répandue dans tout l'univers ce au moyen de la parole, l'âme acquiert les connaissances, « les vérités sur Dieu, l'âme et la société (2). » De là, cette proposition caractéristique du traditionalisme : « L'homme « se forme ses idées et reçoit les connaissances (3). »