Distinction entre les idées et les connaissances
(i) Le \wo\. fantôme ne me pci.niissant pas traduire assez bien le .latin vJiantasma, je traduirai par ;f/2a«^ti5H!(?, retenant Tortographe du mot latin. A. M.
(2) Ventura. Essai sur l'origine des idées et sur le fondement de la certitude. § 4.
(3) Ventura. Essai etc. fi G.
Le traditionalisme distingue donc les idées des connaissances,, en raison de la diverse source d'où elles nous viennent. Pour la nouvelle école, les idées proprement dites sont celles que l'esprit humain, en vertu de son activité innée et essentielle, se forme à l'aide des phantasmes des objets sensibles que la sensation externe lui transmet; tandis que les connaissances ont pour terme les objets suprasensibles qui, placés par leur nature au delà des confins de la matière et du sens, ne peuvent, par eux-mêmes, ou autrement quepar la parole traditionnelle, transmettre aucun phantasme, ni, sans ce moyen, être recueillis par notre intelligence.
« La science idéologique a un autre reproche à faire aux « philosophes qui se disent spiritualistes, ou qui croient tout c( bonnement l'être, et qui le sont en effet jusqu'à un certain (c point : c'est qu'ils confondent trop souvent, sous le même (( mot d'idées, les idées proprement dites que l'esprit se forme « sur les fantômes des objets matériels qui lui viennent par c( les sens, avec les connaissances les plus élevées sur les « objets dont les sens ne sauraient transmettre aucun fantôme « à l'esprit, telles que la connaissance de Dieu, de la spiritua- (c lité et de l'immortalité de l'âme, et des devoirs clairs et précis (( de l'homme envers Dieu, envers son prochain, envers lui- (( même, etc. Quant à ces connaissances, auxquelles, fort (c improprement, on applique le mot d'idées^ l'homme, comme « nous l'avons démontré en nous appuyant sur saint Thomas, « ne saurait se les former lui-même, il n'en a, comme le (C dit encore saint Thomas, que le besoin et l'instinct confus; c il doit les recevoir et il les a reçues par une révélation « primitive qui, par le langage et la tradition, a été transes mise, s'est propagée et établie par tout le monde (i). »