‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie Zigliara (volume 2)Chapitre 16 sur 100 · CHAPITRE 1. LE TRADITIONALISME · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. LE TRADITIONALISME

(( monde et à se rendre compte des phénomènes physiques; (c de même, aussitôt que sur la révélation du monde invisible, (( obtenue par l'instruction, il s'est formé aussi des idées sur « ce monde, c'est encore lui qui commence à raisonner sur « ce même monde et à se rendre compte des phénomènes « spirituels et moraux (i) . »

En ceci consiste justement l'activité de l'esprit par rapport aux connaissances. Avant tout, l'esprit applique à la parole sensible et traditionelle les idées acquises par les sens, et avec cela il se forme le concept de Dieu et y adhère par un acte de foi ; ensuite il développe cette semence que la société a déposée dans son intelligence, la purifie, au besoin, des corruptions de l'ignorance et de l'orgueil, et, par la méditation et l'étude, parvient à se rendre compte scientifiquement de sa foi primitive.

c( Une fois la raison formée, développée, arrivée à sa matu- (c rite, elle peut bien, et, dans certains cas, elle doit même « rappeler ces notions premières sur Dieu, sur Tâme, sur les « devoirs, qu'elle a apprises par l'instruction sociale ; elle doit (( examiner si ces notions, apprises par ces moyens, sont " pures, raisonnables, ou bien si elles sont altérées par des « éléments impurs, fantastiques, absurdes, que trop souvent « l'orgueil et l'ignorance mêlent au courant tradtiiojinel ; « et, par cet examen, elle peut arriver à s'en former des idées « plus conformes à la vérité. Dans ce cas, c'est la raison (c 7iaturelle^ c'est l'homme naturel qui s'élève par lui-même « aux principes fondamentaux de l'ordre naturel, religieux « et moral, aux préambules de la foi; c'est lui qui s'en rend « compte, qui y adhère d'une manière plus complète, et s'y « affermit (2) . »

Page 1