‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie Zigliara (volume 2)Chapitre 6 sur 100 · PREFACE VI · texte numérisé non relu

PREFACE VI

douleur sensible ; le second dans Voltaire, dont Toeuvre détestable fit que l'impiété plut et que Thomme se lassa de Dieu.

L' empiéta piacqiie, et Viiom di Dio fit stanco.

Et Tâme humaine? et riiomme? « L'homme n'est qu'une bête vivant pour le corps et finissant avec le corps ! » Ces ignobles paroles, attribuées à Jouffroy, sont le légitime corollaire de ce matérialisme honteux, autour duquel se groupaient Hume, père d u scepticisme moderne, d'Holbac, Cabanis, Holbes, Chassebœuf, Broussais, et tout le reste de cette tourbe impure de matérialistes, qui précipitèrent la France dans un abime de maux sans nombre.

Mais c'est surtout Descartes qui, au jugement de Cousin, a, par ses doctrines, tendu la main au sensisme et favorisé ses progrès dans sa patrie, en même temps que, d'autre part, dit encore le même philosophe, il y donnait aussi l'entrée à l'idéalisme germanique. L'embarras du pauvre Descartes à tirer du subjectivisme du moi l'existence du non-moi, n'échappe pas à la philosophie idéaliste. Car, de même que Berkeley, s'appuyant sur la théorie cartésienne des sensations, finit par anéantir le monde des corps, afin de conserverie monde des esprits; de même que Spinosa se servit de la définition équivoque de Descartes sur la substance, pour répandre dans l'Europe un véritable athéisme sous le nom de panthéisme ; ainsi Fichte, après Kant, éleva le cogito ergo sum jusqu'à en faire la suprême causalité de ce qui peut être connu et de toute objectivité, divinisant ainsi le moi' cartésien. Non contents de cette prodigieuse fiction, Schelling,avec l'identité absolue et la loi de l'unité dans la triplicité, et Hegel, avec sa raison impersonnelle, nous donnèrent, sous une

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