VIII PREFACE
nouvelle forme, le panthéisme d'Averrhoès, et peut-être aussi le Brahmanisme des Indiens. Dieu, conservé quant au terme, disparaissait de fait dans la philosophie moderne, dans les nuages d'un langage barbare et de concepts transcendantalement obscurs.
Enfin, survint l'éclectisme français avec Cousin, son chef; mais au lieu de réunir, comme il se Tétait proposé, le meilleur de tout ce que les divers systèmes avaient de vrai et de bon. Cousin mêla ensemble toutes les erreurs, et renouvela en notre temps le syncrétisme des néoplatoniciens. Tel est le spectacle que nous a présenté l'histoire de la philosophie pendant le court espace de trois siècles, quand on a voulu soustraire la raison à Tautorité de la révélation, et transformer en principe de vérité Févidence subjective de Descartes. « La raison avance sans (( cesse. . . Cependant. . . elle n'a encore réussi à imposer « silence à aucun des partis qui se sont , depuis l'anti- « quité, formés sur son territoire, ni à obtenir Faccord (( parfait et Funité d'assentiment. Les sceptiques, les « athées, les matérialistes, les théosophes, continuent « à élever la voix à côté des dogmaticjues , des déistes, ff des spiritualistes, des penseurs paisibles, et trouvent « encore des partisans (i). » C'est une vraie Babel,
Ces égarements de la raison humaine produits par ses prétentions à vouloir marcher seule, sans la direction de l'autorité, et plus encore ce scepticisme pratique qui, s'insinuant dans les âmes, les rendait tièdes et indiffé-
(i) Tiedeman : Histoire de la Philosophie, cité par Ventura dans ses conférences sur La Raison philosophique et la Raison catholique, Conf. III, N. i5.
(Pour Cousin, Tiedeman est l'historien de la philosophie matérialiste.)