‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie Zigliara (volume 2)Chapitre 64 sur 100 · SAINT THOMAS ET LES IDÉES INNÉES · texte numérisé non relu

SAINT THOMAS ET LES IDÉES INNÉES

Sommaire. - 7- Question et réponse d'Ubaghs. - 8. Nouveauté de cette réponse - Q. Textes de S. Thomas opposés aux idées innées. - lo. 1 extes de S. Thomas favorables à ces mêmes idées.- n. Problème. - 12. Division du problème.

7. Question et réponse d'Ubaghs. — Ubaghs a fait paraître beaucoup d'écrits dans lesquels il s'est étudié à expliquer, dans un sens favorable à son système, la doctrine idéologique de S. Thomas ; mais il semble qu'il a voulu donner la dernière main à sa théorie par un article inséré dans la Revue Catholique de Louvain. Ce sera donc principalement cet écrit que j'examinerai ici. Il y accumule les meilleures et le plus grand nombre des autorités qu'il juge explicitement favorables aux idées innées, prises au sens moderne. Dans cet article intitulé : De quelques principes de métaphysique générale de S. Thomas d'Aquin, il pose ex professo la question suivante : « Quelle est la doctrine de S. Thomas concernant les idées innées ? )> Et voici sa réponse :

« Si l'on s'arrête à certaines propositions du saint Docteur,

302 UBAGHS ET l'iDKOLOGIE DE S. THOMAS

« sans en examiner le sens et la portée et sans les comparer à « d'autres propositions très claires qui expliquent et com- « plètent sa doctrine, on est promptement porté à le ranger « parmi les adversaires des idées innées ; mais si l'on cherche « le fond de sa pensée dans Tensemble de ses enseignements (t sur ce sujet, on est obligé de changer d'avis et de lui assi- « gner un tout autre rang. » De quelques principes^ etc.

8. Nouveauté de la réponse. — Je crois que ce commentaire du célèbre professeur de Louvain paraîtra nouveau et inattendu à beaucoup de ceux qui aiment et étudient les œuvres de S. Thomas. Il est certain que le Docteur angélique a traité le problème des idées innées : Utnnn anù?ia humana intelligat per species sibi 7iaturaliter inditas ; et qu'il l'a défini et développé, non en un seul endroit, mais en maints passages de ses œuvres. Il en parle notamment dans la première partie de la Somme Théologique^ Qu. LXXXIV, Art.. I; dans la Qu. X. i)e Veritate. Axï.Yl.\ aux Qiiodlibeia. II. Art. 3.; et pour ne pas en citer davantage, dans la I-II, Qu. LI, Art. I. Mais il est parfaitement certain aussi qu'à une question posée si souvent le saint Docteur répond toujours négativement. Sur ce point, les Commentateurs ne sont pas moins explicites; et bien qu'ils aient très diligemment et scrupuleusement cherché avec amour et respect le sens le plus caché des doctrines qu'ils commentaient, pas un d'entre eux, que je sache, ne paraît même soupçonner en S. Thomas quelque propension vers les idées innées.

Ce fait est si manifeste qu'Ubaghs lui-même l'avoue franche' ment : l'angélique Docteur n'admet pas les idées innées quant au mot (i). Ces simples observations sont au moins de nature

(i) « s. Thomas iitique ideas innatas, quas species connaturales vocat, quod « pertinet ad vocem et quod ipse /tac voce intcUigit, minime recipit ; sed iUiid « quod hodie passim hac voce significatw, expressis verbis agnoscit atqite pro- « pugnat, ncmpe principia insita. » Logicœ elementa, Cura Gcrardi Casimiri Ubaghs, Logica realis', Gap, I, g V, n. 33i, in nota (Edit. VIII),

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