‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie Zigliara (volume 2)Chapitre 73 sur 100 · ARGUMENTS DU PROFESSEUR UBAGHS · texte numérisé non relu

ARGUMENTS DU PROFESSEUR UBAGHS

Sommaire. — • 3i. Les espèces intelligibles et les premiers principes. — 3-2. Continuation. — 33. Les idées représentatives. — 34. Exclusion de tout objectif inné.

3i. Les espèces intelligibles et les premiers principes. — L'explication principale, à laquelle Ubaghs revient sans cesse pour concilier les textes de S. Thomas ouvertement contraires aux idées innées, consiste dans la distinction entre les espèces intelligibles et les principes premiers, sejjuna scientiarum: les textes qui proscrivent les idées innées entendent les espèces ; ceux qui les admettent entendent les principes. Donc, le sujet de ces propositions thomistes étant divers, la contradiction disparaît d'elle-même, comme le sait tout logicien, et le problème a trouvé sa solution.

« En effet, les espèces intelligibles formées par abstraction « des espèces sensibles ne sont, pas plus que les espèces « sensibles elles-mêmes, identiques avec les premiers prince cipcs, et ces noms ne sont pas synonymes. Les espèces « intelligibles sont des formes accidentelles pour l'esprit, des

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« conceptions formées par notre esprit postérieurement à la « réception des espèces sensibles, et les espèces sensibles « sont des fantômes ou images qui se forment dans l'imagi- « nation à la vue des objets corporels; au contraire les « premiers principes sont des choses réelles et permanentes « dans notre esprit, ils y sont comme les germes de tout ce (( que nous pouvons savoir ; ils y précèdent toutes les espèces « et leur survivent; ils sont comme la source et la base interne « de nos connaissances intelligibles, soit actuelles soit habi- « tuelles, tandis que les espèces ne sont que de simples « conditions passagèrement nécessaires pour la connaissance « actuelle [De quelques prmcipes etc.) «

« En se déclarant pour l'innéité des premiers principes, (( S. Thomas admet donc expressément les idées innées, ou « la même chose, à laquelle ce nom est donné aujoud'hui par « les philosophes les plus distingués, et ces mêmes idées |il les « entend et les explique au moins aussi bien que Leibnitz et (( beaucoup mieux que Descartes ; car celui-ci se défend, bien cr à tort, comme d'un méfait, d'avoir jamais pensé que l'idée (( soit autre chose que la faculté native de connaître; c'est « donc quelque chose de purement subjectif qu'il croit inné. (( S. Thomas au contraire admet dans l'âme dès le commence cément quelque chose de subjectif et quelque chose ce d'objectif, à savoir la puissance ou la faculté de connaître (( les premiers principes et ces principes eux-mêmes. » (Ubaghs Ouv. cité).

32. Suite du même sujet. — Que pour S. Thomas les espèces intelligibles ne s'identifient pas avec les premiers principes, on peut l'accorder, toutefois avec quelques explications afin d'éviter l'équivoque. En effet, si par principes premiers on entend la connaissance actuelle ou habituelle soit des premiers axiomes Idigîiitates)^ soit des essences transcendantales [ratio^ entis^ iiniiis et hujusmodi)^ il est clair qu'ils sont autre chose que les espèces ou les idées, par la raison

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