‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie Zigliara (volume 2)Chapitre 9 sur 100 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

losophie n'est que la conséquence logique de quelques-uns des principes émis dans V Essai sur l'indifférence en matière de religion. Et ceux qui avaient applaudi aux débuts du malheureux prêtre et qui, ignorant quel violent poison se cachait sous des dehors séduisants, avaient favorisé son parti, voyant enfin où tendaient en réalité de telles théories, reculèrent épouvantés par Tabîme s'ouvrant devant eux.

Toutefois, le premier insuccès de cette première tentative de réaction contre Tinsolente licence du rationalisme, ne découragea pas quelques hommes qui, voyant que la philosophie de Bonald et de Lamennais contenait cependant de nombreuses et belles vérités, jugèrent qu'il suffisait de choisir et de séparer le vrai du faux; c'est pourquoi, rejetant le critère lamennaisien du sens commun pour toute et chaque certitude, ils en restreignirent la nécessité aux seules vérités de déduction ; mais ils gardèrent de récrivain français la théorie de la méthode qui met la foi au principe du développement scientifique. Corrigeant ensuite le mot de Bonald sur la nécessité de la parole pour toute espèce de pensée , ils dirent que la vie intellectuelle peut se développer sans la parole, mais seulement dans les limites des notions se terminant au monde matériel et sensible ; et quant à ce qui est de la connaissance du monde suprasensible, ils enseignèrent avec le même de Bonald que notre esprit ne pouvait, par ses seules forces, s'élever à cette hauteur, et que la parole, organe de la tradition primitive , devait Tinitier à la connaissance de ce monde supérieur. Cette modification aux théories des deux écrivains français donna naissance à ce troisième système moyen qui s'appelle proprement le Tra-

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