CHAPITRE X. — RÉPONSE A LA SECONDE DIFFICULTÉ byy
ci aliqua aiixilia^ 7>el iiisiruinenla^ qnibus intellectiis ejiis iitatur ad scientiam acquirendam : piita^ cum proponit ei aliqiiqs propositiones minus universelles, quas tamen ex praecognitis discipulus dijudtcare potest ; vel cum proponit ei aliqua sensibilia exempla^ vel similia^ vel opposita, vel aliqua hujusmodi, ex quibus intellectus addiscentis manuducitur in cognitioneju veritatis ignotae. Alio modo^ cum confortât intellectwn addiscentis, non quidem aliqua virtute activa quasi superioris naturae, sicut supra dictum est de Angelis illuminantibus ; quia omnes humani intellectus sunt unius gradus in ordine naturae: sed in quantum proponit discipulo ordinem principiorum ad conclusiones ^ qui forte per seipsum non haberet tant a m virtutem collativaîn, ut ex principiis posset conclusiones deducere.
56. Induction. — Le lecteur aura remarqué ces expressions: magister discipulum ex praecognitis in cognitionem etc.:, et ces autres : magister proponit aliquas propositiones universales^ quas ta??îen ex praecognitis discipulus dijudicare potest. En effet, le magistère humain sera sans effet si le disciple ne connaît auparavant les principes, qui ne peuvent être mis en nous par l'enseignement d'autrui, mais qui 'nous sont fournis immédiatement par la lumière même de notre intelligence : Principia no7i discit (discipulus)^ magistro.^ sed solum conclusiones {i) . En outre, la certitude des conclusions n'est pas produite dans l'âme du disciple par l'action extérieure du maître, mais par l'application que le disciple fait lui-même des principes premiers aux propositions particulières qui lui sont présentées: ainsi les principes sont la vraie cause efficiente, objective, de notre science, et non la voix du maître. Ce qui le prouve, c'est la différence du profit des élèves qui entendent la même leçon, comme je l'ai suffisamment expliqué ailleurs (2). Ex ipsis cnim prin-
(i) Qq. Disp. De Vcriiatc. Qu. IX De Magistru. An. I. ad. iS. (•2) Chap. IX.
378 UBAGHS ET l'iDÉOLOGII: DE SAINT THOMAS
cipiis per se notis considérât (discipulus), giiod ca, qiiae ex eis necessario coiisequuntiir^ siint certitudiualiter tenenda ; qiiae vero eis siint contraria, tôt aliter respuenda : aliis aiitem assensum praebere potest vel non (1).
Donc, si la science découle des principes, si ces principes sont connus immédiatement par la lumière de la raison, si cette lumière de la raison est mise par Dieu dans notre âme, on pourra dire, avec toute la rigueur philosophique et sans poser l'innéité de rien d'objectif, que Dieu est la cause principale de la science humaine, qu il est notre principal maître intérieur, et qu'en imprimant en nous la lumière de la raison, il a imprimé en même temps la connaissance des principes immédiatement manifestés à notre âme par le moyen de cette lumière. Deus hominis scientiae causa est excellentissimo modo: quia et ipsitm intellectuali liimine insignivit, et notitiani primoriun priticipiorinn ei impressit^quae siint quasi quaedam seininaria etc..,. Principiorum aiitem natiiraliter notorum cogîiitio nobis divinitus est indita, cum ipse Deus sit auctor nostr^e naturœ.
Il n'est besoin, je crois, de rien autre pour la solution de la deuxième difficulté.
(i) Qu. cit. De Magistro, Art I.