‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie ZigliaraChapitre 47 sur 126 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Récapitulation du troisième Livre

Sommaire.- 429. Raison de ce Chapitre. — 43o. Pourquoi dans ce troisième Livre l'Auteur a pris la conscience pour point de départ. — 43i. Nécessité de déterminer la raison qui distingue Tordre surnaturel de l'ordre naturel. — 432. Matières traitées dans les Chapitres V et VI. — 433. Pour quelle raison il a été traité des attributs divins. — 434. Et des idées divines. — 433. Les réponses de la S. Congrégation.

429. Raison de ce chapitre. — Je m'étais proposé d'exposer dans ce troisième Livre les raisons, soit philosophiques soit théologiques, qui militent contre la nouvelle école ontologique, et maintenant que j'ai rempli mon but le mieux que j'ai pu, il est utile de porter nos regards en arrière, afin d'embrasser, du terme où nous sommes arrivés, toute la voie parcourue, et de retracer en quelques traits les questions nombreuses et épineuses qui ont été longuement traitées.

430. Pourquoi dans ce troisième Livre l'auteur a pris LA conscience POUR POINT DE DÉPART. — Voulant partir de la philosophie pour arriver à la théologie, j'ai dû commencer par la conscience (Chap. II). C'est elle qui nous révèle les faits qui surviennent au dedans de nous, et la vision ontologique étant,

l88 LIV. III. — DE LA LUMIÈRE OBJECTIVE. — 2* PART.

elle aussi, un fait constant et très important, au dire de la nouvelle école, la conscience devait nous faire connaître quelque chose non sur la nature (ce n'est point son office), mais sur l'existence de ce fait. Les ontologistes ont d'abord hésité à reconnaître la compétence de la conscience sur le fait de l'intuition immédiate de Dieu par notre âme; mais ensuite, obligés de l'accepter, ils l'ont cependant reconnue en partie, non d'une manière absolue; c'est-à-dire qu'ils accordent cette conscience de l'intuition, non à tous, mais aux seuls philosophes, ou pour mieux dire, aux seuls ontologistes. Je les ai suivis dans cette voie, et après leur avoir démontré que si cette conscience existe elle doit être le patrimoine de tous et non de quelques-uns, je me suis attaché à prouver que même les raisons que les ontologistes donnent, les fondant sur l'idée que nous avons de l'Infini, sont propres à nous persuader que les philosophes eux-mêmes n'ont pas cette conscience, et de plus, que ces raisons établissent que les faits de conscience par rapport à nos notions de l'Infini vont à exclure l'intuition ontologique.

43 1. Nécessité de déterminer la raison qui distingue l'ordre surnaturel de l'ordre naturel. — Après avoir bien assis cet argument tout -philosophique, j'ai entrepris de considérer théologiquement la question, de sorte cependant que la philosophie y conservât une très large part, suivant la coutume des Pères et des Docteurs, quand ils traitent de la théologie dite scolastique. Et comme la théologie scolastique a pour base la distinction des vérités divines en naturelles et surnaturelles par rapport à notre raison (cette distinction entraîne la nécessité absolue de la révélation divine pour connaître les vérités surnaturelles, et la révélation divine devient ainsi le critère suprême des vérités révélées, c'est-à-dire de la science scolastico-théologique), j'ai mis toute mon attention à rechercher si l'ontologisme dit modéré conservait cette base, ou s'il la détruisait, comme s'efforce de faire le rationalisme, que les ontologistes catholiques eux-mêmes, le considérant par ce côté,

Page 1