Le PREMIER PRINCIPE DE NOS CONNAISSANCES ONTOLOGIQUES
A L'ê/re POUR sujet. — En commençant à chercher le premier principe dans les démonstrations directes sous le rapport ontologique ou a priori (i), je suppose ce que personne n'ignore, je veux dire que la démonstration directe et a priori n^cst autre que le syllogisme pris dans son acception vraie et rigoureuse, c'est-à-direcomme étantune argumentationqui, d'une véritéuniverselle, déduit une vérité moins universelle. Je me tiens à ce concept quidditatif du syllogisme, plutôt qu'à l'assemblage mécanique et de confrontation des extrêmes avec le moyen terme, assemblage qui ne sert à rien autre qu'à montrer si un sujet particulier est contenu dans l'universel. S'il y est contenu, le sujet particulier devra participer aux propriétés qui conviennent à l'universel et les avoir aussi, suivant ce principe très connu : Dictum de omni dicittir de singulis contentis siib ///o; par exemple, tout ce qui convient à l'animal devra être attribué à tous les sujets qui ont l'animalité. L'essence du syllogisme est proprement fondée sur ce principe. Il suit de là que plus nous nous élèverons à des principes plus universels, et mieux il nous sera donné de découvrir les sources lumineuses du syllogisme et de notre science ; parce que nous découvrirons l'universel en qui est contenu le sujet lui-même des principes secondaires, et conséquemmentla raison pour laquelle l'attribut convient au sujet de qui il est affirmé.
Mais on ne va à l'universel que par l'analyse, c'est-à-dire par l'abstraction ou simplification qui nous conduit à un concept très simple en lui-même, mais qui se présente cependant à nous comme virtuellement multiple, c'est-à-dire renfermant
(i) Je dis a priori ou dans les choses ontologiques, parce que dans les démonstrations a posteriori le principe est le fait connu par l'expérience interne ou externe : de là le nom de démonstrations empiriques (larsipixal) ou expérimentales.
tous les concepts partiels et, par cela, les sujets des principes secondaires des syllogismes. Il est facile ensuite de conclure de là que l'attribut qui convient à l'universel, en qui ces sujets sont compris, convient aussi à ces mêmes sujets. Et comme il a été prouvé que l'analyse a pour terme final le concept transcendantal d'être (441), ce concept sera le premier sujet de tous nos jugements ; et le jugement qui a pour sujet l'être, et pour prédicat ce qui comme être convient premièrement à l'être sera le premier jugement qui régit tous nos autres jugements scientifiques, la première lumière de la science ontologique.