‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie ZigliaraChapitre 64 sur 126 · Le PHILOSOPHE NE DOIT PAS SUPPRIMER LA NATURE, MAIS · texte numérisé non relu

Le PHILOSOPHE NE DOIT PAS SUPPRIMER LA NATURE, MAIS

l'observer. — Soyons donc d'abord raisonnables si nous voulons être philosophes, c'est-à-dire ne détruisons pas la nature, mais observons-la soigneusement et amoureusement. C'est une vérité très raisonnable et très évidente que le monde externe, matériel et sensible, n'est pas toute la réalité existante,

(i) On sait que Platon est diversement compris par rapport aux idées qu'il a mises en avant pour combattre le sensisme; les uns disent qu'il entendait par idées des formes séparées des individus et de Dieu, et existant par elles-mêmes; d'autres soutiennent, au contraire, que par ces idées Platon entendait les idées divines. S. Thomas rapporte les deux opinions (P. III. Qu. IV. Art. IV. ad 2.), et sans rechercher la vérité de la question au point de vue historique, il réfute l'opinion platonicienne des formes ou idées séparées et existant par ellesmêmes. Ce qu'il faut approuver, car, lors même que cette opinion ne serait pas de Platon, elle a eu cours dans les écoles.

mais cependant qu'il est une réalité. Ne détruisons donc pas cette réalité par nos sophismes, appliquons plutôt notre esprit à en connaître la nature et la raison d'existence : nos négations ne détruisent pas ce qui est, mais elles sont très souvent et, je dirais presque toujours, le palliatif d'une ignorance que l'orgueil ne veut pas s'avouer à lui-même. Incapables d'expliquer une chose, nous la nions; et pour éviter d'avouer notre ignorance, nous préférons la sottise des négations arbitraires. Mais poursuivons notre étude.

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