‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie ZigliaraChapitre 68 sur 126 · CHAP. VI. — L ETENDUE, L ESPACE, LE TEMPS · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — L ETENDUE, L ESPACE, LE TEMPS

la multitude dans l'unité, et l'unité dans la multitude. L'unité est conçue comme centre collecteur des parties numériques qui entrent dans la formation de l'étendue; la multitude est conçue comme un nombre de parties qui, réunies ensemble, se concentrent dans une unité commune, mais de manière cependant que l'une de ces parties soit en contact avec l'autre et hors de l'autre en même temps. Car, si l'une était dans l'autre, nous n'aurions plus le nombre, et par suite le concept d'étendue périrait. De là cette définition très belle ettrès simple de S. Thomas : Positio^ qiiae est ordo partium in toto^ in ejus (quantitatis) ratione includitur(i).

A qui me demanderait si l'étendue, telle que la sensation nous la donne, existe réellement dans les corps, je répondrais affirmativement, mais j'ajouterais que cela est sans importance pour mon but : dans le fait la sensation de l'étendue est telle que je l'ai décrite, et le concept que nous nous en formons dans notre esprit correspond exactement aux données de la sensation. Donc, que ce concept ait un objet correspondant, réel et corporel, ou que le correspondant soit idéal et possible, peu m'importe ; il me suffit que le concept existe dans notre esprit pour que j'aie, dans l'intérêt de mes recherches, tout le droit de l'analyser, afin de connaître les éléments qui le composent et qui nous servent à nous l'expliquer.

Page 1