SUBSISTE IDENTIQUE DANS TOUTES NOS MODIFICATIONS SUCCES
000 LIV. IV. — DE LA LU.MIliRE OBJIiCTIVE. — o" PART.
siVES. — Ayant trouvé que mon âme. est substance, ma connaissance en est devenue [plus lumineuse, parce que je la vois comme une entité substantielle et non comme étant seulement l'entité que j'appelle accident. Toutefois, le concept desubstantialité n'est point propre à l'âme seule, mais il est commun à l'âme et à beaucoup d'autres choses qui ne sont point l'âme: les corps eux-mêmes sont des substances comme je l'ai prouvé (483). En conséquence, comme j'ai cherché si mon âme était différente des entités que j'appelle accidents, ainsi je cherche maintenant si elle est d'une autre substance que les substances que j'appelle étendues, et qui sont l'objet de mes sensations. Si je parviens à établir incontestablement cette différence, je connaîtrai encore plus distinctement la nature de mon âme en découvrant dans sa substantialité un autre point lumineux. Remarquez attentivement ensuite que mes recherches ont pour objet l'âme, c'est-à-dire ce que nous avons dit être en nous le premier principe de notre vitalité. La faculté est principe de vie, parce que l'action que nous appelons voir est une action vitale; les facultés de l'ouïe, de l'odorat, du tact, les facultés d'imaginer et de végéter sont aussi des principes de vie ; mais aucune de ces facultés n'est premier principe de vie, parce qu'elles germent pour ainsi dire, et agissent sous l'influence de l'âme, et que, si vous ôtez l'âme, ces principes secondaires de vie périssent, comme périssent les rameaux détachés de l'arbre où ils naquirent. L'âme donc est le premier principe de vie et nous devons nous en occuper principalement.
Une autre observation très importante à faire dans les recherches présentes, c'est que, dans la multiplicité et diversité des actions vitales, nous avons très évidemment conscience de l'unité du moi sujet de toutes ces actions. Ce moi^ qui sentait et pensait hier, pense et sent aujourd'hui ; et ce moi qui pense est le même moi qui vit, qui végète, qui sent, qui imagine, qui veut, etc.; et dans le combat de nos affections, quand la lutte des sens et de la raison est plus violente, quand la loi de la
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chair et la loi de l'esprit se combattent plus ardemment, nous sentons vivement que nous sommes à la fois le théâtre, les acteurs et les protagonistes de cette lutte anxieuse, comme nous sentons aussi le moi se réjouir de la victoire de la raison, ou se troubler si elle est vaincue. Après ces courtes mais nécessaires observations, venons-en à la question.