‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie ZigliaraChapitre 8 sur 126 · Principe fondamental del'ontologisme, et accusations · texte numérisé non relu

Principe fondamental del'ontologisme, et accusations

THÉOLOGIQUES SOULEVÉES CONTRE CE SYSTEME. — Le principe

fondamental de l'ontologisme est la perception immédiate de l'être absolu : L'idée fondamentale de l'ontologisme 7ie consiste pas dans V identification des idées générales avec Dieii^ mais dajîs la perception i?nmédiate de V Etre absolu. Ainsi s'exprime Sans-Fiel dans sa première lettre Siir V Orthodoxie de Vojitologisme 77iodéré et traditionnel (i). Mais, comme ce principe est identique à celui des trois autres formes de l'ontologisme (2), l'ontologisme modéré ne paraît pas se distinguer beaucoup des autres formes, soit panthéiste, soit rationaliste, soit malebranchienne, et il semble en conséquence'qu'il faut le rejeter comme une erreur théologique et philosophique. On ne peut donc pas s'étonner que l'ontblogisme modéré ait été accusé de faire cause commune avec le rationalisme, et d'aller contre les principes de la philosophie et, plus encore, de la doctrine catholique sur la distinction de Tordre naturel et de l'ordre. surnaturel, en ce qui regarde la vue de Dieu. Les ontologistes modérés et catholiques ont répondu à cette accusation en s'efforçant de prouver qu'ils sont très loin du rationalisme, et que leur système conserve intacte la distinction entre l'ordre de connaisssance naturelle et l'ordre de connaissance surnaturelle. Avant d'examiner ce qu'ils disent pour se disculper, il sera bon de rappeler ici, brièvement, la doctrine théologique sur l'ordre naturel et surnaturel, afin d'élucider la question.

(i)gL page 5.

(2) Cf. II* Livre. I" Chap. La division de l'OntoIogisnie en quatre formes distinctes que Sans-Fiel nous a donnée, ne plaît point à M. Fabre. Je l'ai suivie cependant (ib.), parce que, sans nuire à la vérité, elle répand la clarté sur le sujet traité. La question est sur les choses, non sur les mots.

323. DÉFINITIONS DU SURNATUREL. — Sumaturcl, Ic mot le dit, signifie ce qui est au-dessus de la nature. De là, les théologiens ont dit qu'une chose doit être tenue pour absolument et essentiellement surnaturelle, quand elle surpasse non-seulement les forces, mais encore les exigences de la nature créée et créable, en sorte qu'elle ne saurait appartenir par sa nature à nulle entité créée ou créable, et conséquemment, qu'elle ne peut venir que de Dieu seul, quand elle se trouve dans la créature. Ainsi, l'Eglise tient pour surnaturelle la vue face à face de Dieu tel qu'il est en lui-même. Mais on appelle naturel ou connaturel ce qui est proportionné aux forces de la nature, en ce que ces forces, ordonnées pour une fin, ont une énergie suffisant à l'atteindre, en supposant toujours l'influence générale de la cause première dans les actions des causes secondes. C'est en ce sens qu'il est connaturel à l'homme de s'élever à la connaissance de Dieu par la contemplation des créatures. En conséquence, dans l'ordre de la connaissance on dira naturelles à l'intelligence créée toutes les connaissances qu'elle peut acquérir par l'acuité propre de la raison, et par les objets naturellement soumis à son appréhension, en dehors de tout secours divin exceptionnel et non dû, serait-ce même hypothétiquement ; ttsiuviaturelles, toutes celles qu'on ne peut obtenir par cette voie subjectivoobjective (74).

Outre le surnaturel absolu dont j'ai parlé, on distingue un surnaturel relatif qui ne s'étend pas à toutes les natures créées, mais à telle ou telle seulement; car, l'expérience l'enseigne, toutes n'ont pas les mêmes forces et ce qui est naturel à celle-ci est impossible à celle-là. De plus, il y a le surnaturel quant à l'objet, et le surnaturel quant au mode, suivant que l'objet surpasse par lui-même les forces naturelles de la créature (comme, par exemple, le mystère de la divine Trinité), ou que, sans surpasser, absolument parlant, les forces naturelles de la créature, cet objet, par le fait, lui a néanmoins été donné surnaturellement, comme il en est précisément de l'existence de

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