‹ Œuvres philosophiques du Cardinal Thomas-Marie ZigliaraChapitre 82 sur 126 · CHAP. X. — LA LIBERTÉ HUMAINE ET LA LOI · texte numérisé non relu

CHAP. X. — LA LIBERTÉ HUMAINE ET LA LOI

explique tout ceci par une comparaison prise de la vue. Il dit : Dans le mouvement de chacune des facultés de ràmc déterminé par leur objet, il faut considérer la raison pour laquelle l'objet meut spécialement la faculté : In motii enim cujuslibet potentiae a sito objecta consideranda est ratio, per qitam objectum movet potetitiam (i). En effet, le visible meut la faculté visuelle non par tout ce qui est en lui, mais par le coloré en acte -, car, la couleur étant ôtée, l'objet pourrait bien être perçu par les autres sens, mais non par la vue. Si donc la couleur se place devant les yeux, elle agira nécessairement sur eux, à moins qu'ils ne détournent leur regard ; ce qui appartient à l'exercice de l'acte, et ce dont nous ne parlons pas présentement. Mais, si un objet se présente à la vue qui ne soit point actuellement coloré sur toutes ses faces, et qui soit en partie éclairé et en partie obscur, la vue ne le verra pas nécessairement, parce que si elle se porte sur la partie non éclairée, elle pourra ne pas le voir. Or. comme le coloré en acte est l'objet de la vue, ainsi le bien est l'objet de la volonté. Par conséquent, s'il se présente à la volonté un objet qui soit universellement bien, c'est-à-dire bien sous tous les rapports, la volonté, supposé qu'elle veuille, tendra néce.^sairement vers lui ; car, dans ce cas, elle ne peut vouloir l'opposé, qui, dans notre hypothèse, serait le mal en tant que mal. Si, au contraire, la volonté a devant elle un objet qui ne soit pas le bien sous tous les rapports, elle ne tendra point nécessairement à lui. Et puisque le manque d'un bien quelconque a la raison d'un non-bien, à cause de cela, le seul bien qui est parfait et auquel rien ne manque ne peut pas ne pas être voulu par la volonté ; et ce bien c'est la béatitude. Tous les autres biens particuliers étant défectueux, on peut les regarder comme des non-biens, et sous ce rapport la volonté peut les répudier ou les vouloir, car elle peut se retourner vers un même objet, le considérant par divers côtés. Seciindum hanc

(i) I-n. Qu.X.Art. n.

considerationem possiint repiidiari vel approbari a voluntate^ quaepotest in idem ferri secundiim diversas considerationes (i).

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