SUR LA NATURE DU BAISOKNEMENT
par la volonté d'un créateur, mais par la nécessité de sa nature, et, par conséquent, qui possède en lui-même toute , la plénitude de Fétre; Celui qui est, c'est-à-dire un être qui est tout à la fois tout ce qu'il peut être , sans pouvoir jamais ni rien acquérir ni rien perdre , dans lequel, par conséquent, il ne peut y avoir ni passé ni futur, mais un présent étemel et fixe , et , par conséquent, parfait en tout genre de perfection , en bonté, en sainteté, en puissance; enfin. Celui qui est, c'est-à-dire, à proprement parler, le seul être véritable; car, quelle autre signification peuvent avoir ces divines paroles : Ego 9um qui sum*t
Et, par conséquent, que sommes-nous en sa présence? Des êtres par sa grâce; des êtres par la grâce de l'fitre par essence; des productions libres de sa volonté bienfaisante, qui n'avons rien que ce que nous recevons de sa plénitude , les uns plus, les autres moins, successivement et par degré. Mais quelque degré d'être que nous en recevions, ou que nous, en puissions recevoir, nous ne serons jamais que des êtres qui porteront éternellement le caractère du néant de notre origine.
C'est évidemment la sublime vérité que Dieu nous a voulu apprendre , en se définissant lui-même l'Être par essence : Ego sum qui sum. Tirons de là , comme nous l'avons promis, toute la morale naturelle, c'est-à-dire tous nos devoirs en suivant toujours la forme du raisonnement intérieur.
Il y a un Être souverain , donc je lui dois une vénération souveraine. Il est mon créateur, donc je lui dois tout mon amour comme à l'auteur de mon être. Il m'a formé à son image en me donnant un esprit capable de le connaître, je dois donc l'imiter dans tout ce qu'il a d'imitable pour une créature intelligente : en sagesse, en bonté, en justice. Mais encore , quelle est la fin cpie mon créateur s'est proposée en me donnant l'être, un esprit et un cœur? sans doute une fin digne de lui , c'est-à-dire lui-même. Donc, à son exemple, je dois dans toutes mes actions me proposer la même fin ;
ne rien penser, ne rien dire, ne rien faire que pour Dieu, N'est-il pas juste que mon unique principe soit aussi mon unique fin?
C'est en quatre conséquences clairement renfermées dans l'idée de Dieu, Ego sum qui sum, toute la morale naturelle , tous nos devoirs essentiels. Nous craignons seulement que la démonstration ne paraisse trop simple à certains esprits sombres , qui n'aiment pas à voir trop clair dans la règle des mœurs. Mais tous les cœurs droits nous le pardonneront. Nous avions à prouver que le raisonnement par idée est aussi démonstratif dans la morale que dans les sciences mathématiques. Peut-on accorder le même privilège à notre seconde manière de raisonner? je veux dire à la logique du sentiment intérieur.
SECONDE PARTIE
Du raisonnement par le sentiment intérieur.
Oui , Messieurs, je prétends que le sentiment intérieur nous conduit à la vérité par des conséquences aussi certaines que celles que nous tirons dans la géométrie de nos idées les plus claires.
Prenez garde , s'il vous plaît. Je ne dis pas par des conséquences aussi lumineuses , ou qui nous mènent si loin dans la recherche de la vérité , je dis par des conséquences aussi nécessaires, et d'une certitude aussi absolue. Mais le moyen de nous en convaincre?
La règle est de ne raisonner par le sentiment intérieur que sous la direction des idées claires , ou de ces vérités universellement reçues , qu'on appelle notions communes : par exemple, qu'une chose est, quand il y a contradiction qu'elle ne soit pas; que tout effet a une cause; que de l'acte à la puissance la conséquence est nécessaire : cela est, donc cela peut être , etc.
StS Sro £A NATUBC MT lAISONNEMENT.
Cette f^l^ euppaeée eomme évidente , nom entreprenonft 4'MibMrdeimclwMei:
4*. Que le sentiment intérieur nous conduit à la eonnaift* MWep d# f^^ km pep des oonfléquences indubitables ;
Vt Qw la 96Dtim0Qt intérieur nous conduit par des eoa^ •éqomim §mm évidentes à la connaissance de Dieu st à fl^Ue dw «kUw bOffW^ avec qm iK)us vivons sur la t^
Wwb^m rien pour en donnw des preuves seailblei à
tout lo moud».
FlPillMèMQOilli rentrons dans noust^mèmes puisque nous ■mornep M à nmi««mèaies notre question. Je pense, je veux Hïre beiNWiv Je sens du plaisir ou de la douleur, trois sortes de modifications que j'éprouve dans mon Ame actuellement. Donc elles m'assurent de son existence. Je ne puis en douter sans contradictioQ, Ifiii <}ll# qi^^pprennent-elles de sa nature?
Je les éprouve aotpeilen^ent, Ppnc je piiiii , ou me les donner moi-même ou les recevoir d'une cause extérieure qui agit en moi ; par le principe que de Taçte à la puissance , la conséquence est nécessaire.
Or, ces trois modifications actuelles de mon âqae, penser, vouloir, sentir, sont évidemment très-distinguées entre elles : penser n'est pas vouloir, vouloir n'est pas sentir.
Done, par le même principe cpie ci-dessus, je puis admettre dpns mon Ame les trois puissances ou facultés commune» ment reçues par les philosophes, l'entendement , la volonté , le sentiment, ou la sensibilité au plaisir et à la douleur. Je lo puis sans doute. Mais, après avoir admis dans mon âme ees trois facultés, en serairje plus avancé dans la.CiOnnai&sanoe de sa nature? en aurai-je une idée plus claire de son essence?
Qu'est-ce que des facultés? il semble que le sentiment intérieur tious abandonne ici dans les plus épaisses ténèbres. Cette obscurité même nous va conduire à la lumière. Nous
DISGOUBS. 28S
en concluons la distinction réelle de l'âme et du corps. La démonstration en est preisque palpable.
Je connais la corps par une idée claire qui me représente son assança étarnellaî son étendue en tout sens, divisible, figurable , mobile ; et je ne connais mon âme que par un çentimant intérieur, qui ne m'apprend que ma exiatanca actuelle par des modi6cations particuU^raa , aan^ m^ conduira à aucun attribut général,
Donc il ast évident que Tâme et le corps n^ peuvent être una mémo aubatance, je vauic dire une aubstanca indivisible^ mont une. La contradiction serait manifeste,
Rentrana ancora dans nous-mêmes pour nous connaîtra plus à fond. Mais que me dites^yous là? suis-je donc libre de sortir da moi^mêma , ou d'y rentrer quand il ma plaît? je
sens du moin^ actuellement que je suis libre d'y entrer, puisque iam*y ai^borta, puisque j'en forma actuellement la dessein , et qua la dessein même qua j'an forma en est l'ai^ eution. J'étais, pour ainsi dire, aprti de mon âme pour penser au corps. J'y rentre dans ce moment pour ne panser qu'à mon âme. Or, de là que suit-il? donc je suis libre de faire l'un ou l'autre à mon gré. Donc à ce moment je fais un acte de liberté. Je vaux me rendre attentif, et je le deviens. Je me commande et ja m'obéis. Je sens que ca double pouvoir m'accompagne partout, soit dans la recherche de la vérité, soit dans la recherche du bien ou du bonheur. Nous voilà rendus à la plu^ importante question de la connaissance de notre âme :
Qu'est-ce que la liberté?
Je sens, par tous les actes que j'en fais , (pi'elle renferme deu]^ pouvoirs inséparables dans les deux territoires où je l'exerce.
1 ^. Dans la recherche de la vérité , le pouvoir de juger ou de suspendre mon jugement sur une question proposée ;
%^. Dans la recherche du bonheur ou d'un bien qui se présente au désir que j'ai d'être heureux, le pouvoir de con-