‹ Œuvres philosophiques du père AndréChapitre 119 sur 136 · SUR LES MERVEILLES DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

SUR LES MERVEILLES DE LA CONSCIENCE

non , je ne reconnaîtrai jamais mon corps pour mon maître; Major 8um, quam ut mancipium sim corporis met. Jamais cette chair vile et méprisable ne me fera commettre une telle indignité. Nunquam ista caro compellet me ad indignam bono simulaiionem. Nous composons ensemble un tout , mais je ne traiterai jamais d'égal à égal avec mon corps. C'est à mon esprit seul qu'il appartient de commander. Nunc tamen dum adhœremus , non erimus oêquis partibus socii, Animus ad se omne jus ducet. Je tiens dans mon corps le même rang que Dieu dans l'univers : que mon corps obéisse donc à mon esprit, conmie l'univers à Dieu. Quem in hoc mundo locum Deus obtinet, hune animus in homine : serviant ergo détériora melioribus.

Ainsi parlait un philosophe païen. Rentrons dans notre conscience , et nous y entendrons une voix qui nous parle à tous le même langage pour nous appeler à l'honneur de régner sur notre corps. C'est la seconde vertu essentielle à l'homme.

3°. Comment la conscience nous appelle à l'amour de Tordre , qui nous soumet aux lois de la société humaine , c'est-à-dire à l'humanité , en tant qu'elle renferme toutes les vertus sociales. Allons à la source de l'union de cœur qu'elle nous demande.

Le principe est que Dieu nous a fait tous naître d'un seul homme , pour ne former sur la terre qu'une seule et unique famille générale. Deus fecit ex uno omne genus hominum inhabitare super universam faciem terrœ *.

C'est ce que nous apprend l'histoire de la création du monde. La tradition s'en est conservée parmi toutes les nations savantes , et nous en allons voir des monuments sensibles dans notre cœur.

Voiilons-nouâ connaître quelles sont les lois de la société humaine? rentrons encore une fois dans notre conscienco.

» Act., 17, V.26.

Que nous dit-ello à la vue les uns des autres ? c est la voix du sang qui nous va répondre.

D*abord , je vois dans la maison paternelle un père et une mère , à qui je dois le jour : Père êl mère hotwreras; des frères et dos sœurs : aimez-vous les uns les autres, comme issus d'un même sang ; des grands et des petits , selon Tordre de leur naissance : que les grands prennent soin des petits | et que les petits respectent les grands. »

Je Sors de la maison paternelle. J'entre dans une ville. Et je vois une grande famille composée de plusieurs autres, mais formée sur le même plan que ma famille particulière ; des supérieurs établis par les lois pour être les pères du peuple; des citoyens rassemblés pour s'aider en frères dans leurs communs besoins ; des inférieurs destinés au service public , mais sans préjudice de l'égalité naturelle par Tiden* tité du sang qui coule dans nos veines.

Enfin , je sors du lieu de ma naissance ; je voyage de royaume en royaume ; je passe les mers ; je fais le tour entier du monde, $ans sortir de ma famille. Je trouve des frères partout où je trouve des hommes. Je puis ignorer l'histoire , le nom du premier père dont nous sommes descendus, mais, à la vue des autres hommes, je ne puis ignorer le mouvement sensible que le Créateur a imprimé dans mon cœur pour m^attester que nous sommes tous nés d'un même sang.

Ici , Messieurs , dites-moi : L'auteur de la nature pouvaitil employer un moyen plus efficace que la voix du sang pour nous exciter à toutes les vertus sociales ; à respecter nos supérieurs avec amour; à aimer nos égaux avec respect; à traiter nos inférieurs avec une affection fraternelle, et pour tout dire, en un mot, à n'être tous dans le monde qu'un cœur et qu'une ame : cor unum et anima una, comme il est écrit de la plus parfaite société qui fût jamais sur la terre ?

C'est la première merveille de la conscience. Elle no^is ap-

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