ET PAR LA FOL
Messieurs,
S'il y eut jamais une matière qui méritât vos attentions , c'est celle que j'entreprends de traiter dans ce discours. Je me propose d'éclaircir, de sonder même et d'approfondir l'idée de Dieu ; cette idée primitive et souveraine qui en un sens renferme toutes les autres , que Dieu a imprimée dans tous les esprits , parce qu'il n'y en a pas un seul qu'il n'ait formé pour le connaître; qu'il offre sans cesse à tous les cœurs, parce qu'il nous a tous faits pour lui rendre un culte d'amour; enfin dans laquelle il montre à toutes les âmes attentives, et la perfection où elles doivent tendre, et le bonheur où elles peuvent aspirer.
L'entreprise est grande, je l'avoue; mais j'espère que vous lui ferez grâce en faveur des raisons qui me l'ont inspirée. J'ai voulu m'éclaircir moi-même en éclaircissant l'idée du souverain Être ; cela est de ma profession. J'ai voulu , en vous communiquant les vues qu'elle m'a fournies , vous marquer l'estime que je fais de vos lumières, et en profiter; c'est une justice que je vous dois. J*ai cru qu'un si grand sujet ne pouvait manquer de plaire à des esprits nobles, par son élévation ; à des esprits solides, par son importance; à des esprits pénér trants, par sa profondeur; en un mot, à une assemblée de savants chrétiens, par le nouveau jour que cette idée bien éclaircie doit répandre naturellement sur toutes nos autres connaissances. Vous me permettrez , Messieurs , de me flatter, que je ne me suis point trompé dans mon opinion. J'ai en-