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Après bien des irrésdutioiis , je me suis enfin déterminé à TOUS donner un second discours sur la nature de r£tre suprême. Quelques personnes ont prétendu que ce n'était point là un sujet académique; et j'en conviens, si Ton appelle ainsi avec le vulgaire un syjet frivole ou profane, un sujet problématique, ou cette sorte d'érudition qui aime à dire 06 qui ne coûte rien à penser. Mais on me permettra d'avoir de votre académie une idée plus avantageuse et plus digne d'elle. Je crois qu'à l'exemple de celle d'Athènes et de l'andoome Rome , die embrasse tous les sujets qui sont du res-' sort de la raison et qui peuvent servir à former l'esprit au vrai. Or, il n'est pas difficile de prouver que telle est la matière que je me suis proposé d'éclaircir.
D'abord peut-on nier que l'idée de l'Être souverain ne soit du ressort do la raison? Nous la voyons partout répandue , à la vérité fort obscurcie en certains endroits par la négligence des hommes à rentrer dans leur propre cœur, mais dans le fond partout la même et toujours prête à sortir des nuages qui l'enveloppent , à la première attention sérieuse qu'on y voudra donner. Les anciens philosophes l'ont reconnue : Platon la met quelquefois dans un jour qui me ferait dire de la philosophie ce que Tertullien assure de l'âme raisonnable , qu'elle est naturellement chrétienne ; les afiôtres l'ont supposée en prêchant la foi ; et saint Paul , en parlant des païens, dit expressément que la notion de la Divinité se trouve en eux claire et manifeste : Quod notum
est Dei, manifestum est in illis '. Et ce qui est à remarquer, le terme de TApôtre est celui-là même dont se sert Archimède * pour exprimer une évidence parfaite et démonstrative , une notion commune , ou , comme parle Euclide , un axiome.
D'ailleurs, c'est ma seconde réflexion, quoi de plus utile pour former l'esprit au vrai que d'éclaircir l'idée de la vérité? Platon dit quelque part, que Dieu est la mesure essentielle de toutes choses ; pensée digne d'un philosophe chrétien, et que saint Augustin n'a pas manqué d'adopter, c'està-dire que Dieu est la règle selon laquelle nous devons juger de tous les autres êtres.
En effet, on peut en général réduire toutes les sciences véritables à la métaphysique , à la physique et à la morale. Or, tous ceux qui ont un peu approfondi ces trois sciences foncières, si on me permet ce terme, ne jJNavent ignorer que l'idée de Dieu a une influence naturelle sur toutes les matières qu'on y traite; qu'elle nous éclaire dans la métaphysique pour donner un nouveau degré d'évidence aux premiers principes , et pour éclaircir la notion de ce qu'on appelle, en philosophie, vérités éternelles ; dans la physique, pour établir les règles primitives du mouvement, qui sont comme l'àme de la nature , et qui supposent la connaissance d'un moteur sage, constant, ferme dans ses desseins, et réglé dans ses opérations ; dans la morale , enfin , pour donner un fondement inébranlable aux lois éternelles , au droit naturel qui en résulte , et aux obligations respectives qu'elles nous imposent à l'égard les uns des autres. En un mot, on ne peut ignorer que sans la lumière de cette idée suprême , on tombe inévitablement dans les erreurs les plus pitoyables, comme nous ne le voyons que trop souvent dans les impies et dans les libertins , quand ils se mêlent de philosopher ou
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